Les terriens, des Têtes Raides

Trente ans que les Têtes Raides roulent leur bosse, un pied dans la chanson réaliste, l'autre dans l'univers punk rock. Un genre intranquille que l'on retrouve intact sur ce 12e album, où se côtoient fidèlement combats politiques (La tâche), portait tendre (Alice) ou corrosif (Les terriens) sur fond d'urgence de vivre (Moderato).
En pierrot lunaire amoché par la vie terrienne, le chanteur compositeur Christian Olivier livre un spleen épineux toujours atypique. Il faut s'attendre à y croiser des airs d'accordéon populaires requinqués par le rugissement de guitares électriques. Au détour d'un refrain, l'amour et l'humour rôdent, belle échappée à cet environnement musical à la fois rêche et étoffé qui incarne leur style posé au bord du gouffre.
C'est aussi pour cette raison que les Têtes raides sont surtout un groupe de scène, bâti pour l'arène, le goût de la victoire et du K.-O. grâce à ces mots qui nous font aimer pour longtemps la poésie du réel...