Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Alexandre Cloutier

Les taxes scolaires rebondissent à Québec

Le dossier de l'important écart observé en Outaouais entre le taux de taxation des commissions scolaires francophones et celui de la Commission scolaire Western Québec (CSWQ) a rebondi à l'Assemblée nationale mercredi. Le Parti québécois et le Parti libéral s'accusant l'un l'autre d'en être à l'origine.
Le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l'opposition en matière d'éducation, Alexandre Cloutier, a soulevé en chambre la question de «l'immense disparité qui existe» entre les commissions scolaires en matière de taxation, en soulignant qu'«en Outaouais, ça passe du simple au double, de sorte qu'il y a 20 000 ménages de la région de l'Outaouais qui ont choisi d'arrêter de payer leurs taxes à la commission scolaire francophone pour aller vers la commission scolaire anglophone».
M. Cloutier a déclaré qu'une telle situation «crée une pression financière immense sur le réseau francophone», tout en pointant du doigt le premier ministre Philippe Couillard, qui «a été rencontré» à ce sujet, de même que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, qui «a dit qu'il allait corriger la situation».
Sébastien Proulx a ensuite rétorqué que «le temps ne passe pas sans que rien ne se fasse» en affirmant que des discussions en cours «avec les Finances» devraient permettre d'avoir «des nouvelles» dans ce dossier cet automne.
Le ministre de l'Éducation n'a pas manqué d'écorcher les troupes de Jean-François Lisée au passage, en rappelant que les disparités dans la taxation observées entre les commissions scolaires francophones et anglophones «existent à peu près depuis le temps où le Parti québécois a retiré la péréquation».
Les quatre commissions scolaires francophones de l'Outaouais, qui dénoncent depuis des mois la migration massive de contribuables vers la CSWQ, espéraient des modifications législatives avant l'adoption de leurs plus récents budgets respectifs. Cela n'a toutefois pas été le cas.
Des hausses du compte de taxes scolaires variant entre 4,8% et 9% touchent les contribuables des commissions scolaires francophones de la région pour 2017-2018, tandis que ceux de la CSWQ ont vu leur facture baisser de 24%.
En vertu de la loi actuelle, seuls les contribuables n'ayant aucun enfant dans une école du réseau public peuvent choisir de verser leurs taxes à la commission scolaire francophone ou anglophone de leur territoire.
Jugeant la situation «inéquitable» pour les propriétaires fonciers dont les enfants fréquentent une école publique, les dirigeants des commissions scolaires francophones ont demandé à quelques reprises à la population de la région d'interpeller les députés provinciaux sur cette question.