«Les pompiers ont beau ressentir moins d'inconfort, ils ne sont pas davantage à l'abri d'un coup de chaleur ou de la déshydratation que d'autres», précise le professeur Glen P. Kenny.

Les pompiers plus vieux sont plus tolérants à la chaleur

Les pompiers plus âgés résistent mieux à la chaleur que les plus jeunes, révèle une étude de l'Université d'Ottawa.
Le professeur Glen P. Kenny, de l'École des sciences, a mis des cobayes à l'épreuve et a conclu que les pompiers qui subissaient des chocs thermiques à répétition supportaient mieux la chaleur avec l'âge et l'expérience. Les pompiers plus âgés éprouvent une moins grande sensation d'inconfort que les plus jeunes.
L'étude universitaire a été publiée dans le Journal of Occupational and Environmental Hygiene. Le document confirme de plus que les pompiers plus expérimentés tolèrent mieux les chocs thermiques que les autres travailleurs évoluant dans des milieux moins hostiles.
Un peu comme un athlète devient plus fort et apprend à repousser les limites de son corps, un pompier sentirait moins de fatigue cardiovasculaire et thermique pendant un effort physique.
« Attention, ajoute le scientifique. Ce n'est pas parce qu'on ressent moins de fatigue ou d'inconfort que le corps d'un pompier se défend mieux. Avec l'âge, peu importe le métier, le corps évacue moins bien la chaleur. Les pompiers ont beau ressentir moins d'inconfort, ils ne sont pas davantage à l'abri d'un coup de chaleur ou de la déshydratation que d'autres. Ils doivent même être plus vigilants. Les pompiers expérimentés pensent qu'ils évacuent mieux la chaleur. Mais, en fait, ils la tolèrent plus. »
Comme les mineurs travaillant dans les profondeurs, où les températures atteignent les 45 degrés Celcius, les pompiers « apprennent » à endurer le stress thermique, et, avec le temps, s'améliorent en accomplissant des tâches ardues, sans augmenter les risques de blessures par manque de concentration, de vigilance, de motricité et de coordination.
« Tolérance »
M. Kenny s'est attardé sur des sujets actifs âgés de plus ou moins 51 ans. Il a comparé des cobayes pompiers à des travailleurs provenant d'autres milieux. Les sujets ont dû fournir un effort dans diverses conditions thermiques. La plupart du temps, les températures corporelles étaient semblables d'une personne à l'autre. C'est pourquoi l'étude utilise le terme « tolérance ». Les cobayes qui n'étaient pas pompiers ont trouvé les tâches à exécuter plus ardues.
La capacité d'évacuer la chaleur est aussi diminuée par les habits de pompier, très opaques. « Lorsque la sueur ne peut s'évaporer, elle ne peut accomplir sa fonction de créer du froid. »
Le chercheur rappelle qu'en juillet 2012, un important feu de broussaille avait rudement mis à l'épreuve la santé des sapeurs, dans le sud d'Ottawa. Le feu a fait rage pendant plus de deux jours. « Les pompiers sont tombés malades parce qu'ils poussaient énormément leurs limites », rappelle-t-il. Plus de 60 pompiers ont combattu les flammes à ce moment. Une énorme colonne de fumée était visible depuis le secteur Aylmer, au Québec.
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