Les policiers ont fait ce qu'ils ont pu

Deux policiers provinciaux de l'Ontario (PPO) n'ont rien à se reprocher, six mois après avoir abattu un homme aux tendances suicidaires, l'été dernier, dans le comté de Lanark, au sud-ouest d'Ottawa.
L'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario a blanchi les deux agents, confirmant, hier, que ceux-ci avaient utilisé leurs armes en dernier recours, et afin de protéger leurs propres vies.
Le directeur de l'UES, Tony Loparco, conclut qu'il n'y a aucune raison de porter des accusations au criminel contre les deux agents de la paix impliqués dans le décès de l'homme de 45 ans. Une quinzaine de témoins - civils et policiers - a rendu sa version des faits.
Le 25 juillet dernier, vers 4h30, quatre policiers de la PPO se sont rendus devant une résidence du chemin Arden, à l'ouest de Perth, où un homme menaçait de s'enlever la vie par le feu. Un des policiers a surveillé la scène avec un extincteur en main, alors qu'un deuxième tenait un pistolet à décharge électrique. Les deux autres avaient en main avec leur arme à feu.
Le forcené a refusé de collaborer avec les policiers, qui lui demandaient de se rendre. Le forcené a réitéré ses menaces suicidaires.
À moitié nu, l'homme a fait irruption à l'extérieur, empoignant une puissante carabine équipée d'une lunette d'approche qui se trouvait sur une table de pique-nique. Il a pointé son arme à feu sur les policiers. Il a refusé de baisser son arme, malgré les ordres répétés des policiers. Il était impossible pour les autres agents d'utiliser leur pistolet à décharge électrique puisqu'ils étaient trop loin de l'homme en crise.
Deux agents ont ouvert le feu à six reprises sur l'homme, qui refusait toujours de laisser tomber sa carabine. La victime est décédée trois jours plus tard, à l'hôpital de Kingston.
«Les policiers qui ont ouvert le feu ont craint pour leurs vies, croyant que l'homme s'apprêtait à leur tirer dessus», a mentionné M. Loparco, par voie de communiqué.
La très forte musique sur le lieu de l'intervention, la violence du suicidaire envers les policiers, son état mental, ses menaces armées et la rapidité avec laquelle les événements se sont déroulés sont autant d'éléments ayant convaincu l'UES de ne pas accuser les agents de la PPO. «Ne pas ouvrir le feu aurait mis la sécurité des autres policiers en danger», croit le directeur de l'UES.
Ldebacher@ledroit.com