La musique du festival Éclipse était audible à des dizaines de kilomètres autour de Low.

Les oreilles bourdonnent à Low

Les oreilles de dizaines de résidents de Low et des environs bourdonnent, après un événement musical où la musique techno a joué 24 heures sur 24 pendant quatre jours, cette fin de semaine. Après des nuits sans sommeil et des journées sans quiétude sur les berges de leurs lacs, plusieurs propriétaires veulent s'adresser aux autorités municipales pour dénoncer l'événement.
Un party rave a eu des échos à des milles à la ronde pendant quatre jours, de vendredi à lundi dernier.
Des milliers de personnes participaient au festival Éclipse, à Low.
La musique techno a fait vibrer le site du camp scout Awacamenj Mino, au déplaisir de centaines de résidents des environs, qui ont subi la force des basses si intenses qu'elles étaient audibles à des dizaines de kilomètres à la ronde.
Le site de l'événement, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la route 105, a accueilli au moins 5000 personnes. Il s'agissait d'une première édition à cet endroit dans la région.
Le festival, dont l'organisation n'a pas répondu à nos demandes répétées d'entrevues depuis lundi, en était à sa 12e édition, selon le site Internet eclipsefestival.com. Par ailleurs, la municipalité de Low semble faire la sourde oreille. Personne n'était disponible pour répondre à nos questions, lundi, mardi, et hier.
Le maire, Morris O'Connor, n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevues formulées depuis lundi. Les résidents attendent aussi de parler à l'administration municipale.
Un résident, Pierre, s'est vidé le coeur en appelant LeDroit, alors que la musique tonitruante battait son plein, lundi.
«Je vous parle, et j'entends le boum-boum en arrière, dit-il. On n'a pas dormi de la fin de semaine. C'est jour et nuit!»
Le résident du secteur dit avoir parlé à plusieurs voisins, qui ont aussi formulé de nombreuses plaintes à la police et à la municipalité. «S'ils n'en ont pas reçu 50, ils n'en ont pas reçu une...»
Le bruit a recouvert la région à un point tel que deux corps policiers, la Sûreté du Québec et la police de la Municipalité régionale de comté des Collines, ont reçu des plaintes. Le bruit était perceptible à Alcove et à Wakefield, une trentaine de kilomètres au sud.
«On n'a jamais donné notre accord pour ça, a ajouté Pierre. La Ville ne nous a même pas rappelés après nos appels de plainte. Ce qui est certain, c'est qu'ils vont entendre parler de nous autres assez rapidement!»
Le camp scout Awacamenj Mino était aussi incapable, cette semaine, de rendre disponible un porte-parole pour répondre aux questions.
«La municipalité a approuvé cet événement-là, ça ne peut pas être autrement, s'exclame le résident. C'est aberrant qu'un camp scout loue son terrain pour un événement comme celui-là. Des résidents de lacs avoisinants se sont plaints, on va sur la route 105 et on entend... Nous n'en voulions pas et nous n'en voulons pas d'autres non plus!»
L'agente des communications de la SQ, Marie Josée Ouellet, a confirmé, hier, que les forces de l'ordre avaient reçu des appels pour quelques intoxications, plaintes pour bruit excessif et pour avoir troublé l'ordre public. «Il y aura des échanges avec la municipalité pour savoir s'il y a eu contravention des règlements en vigueur, et, si c'est le cas, des constats d'infraction seront remis aux organisateurs.»
La SQ a confirmé être en «pourparlers» avec les autorités municipales. «Il est possible d'émettre des constats après l'événement.»