Des sauveteurs et les services d'urgence ont simulé la détresse d'une baigneuses en eau libre, hier après-midi, à la plage des Cèdres.

Les noyades en milieu non surveillé sont plus fréquentes

La noyade est une mort rapide et silencieuse. Il suffit de moins de 60 secondes, sous l'eau, où les regards ne se posent pas.
Dans les films, les victimes de noyade crient à l'aide, se débattent et s'étouffent en gardant la tête hors de l'eau. La réalité est tout le contraire, explique le gestionnaire aquatique à la Ville de Gatineau, Martin Goulet. «Ça va très vite.»
D'où l'importance pour les parents de ne pas quitter leurs enfants des yeux lors des baignades, et l'importance, aussi, de rester à l'intérieur des limites permises par les villes, près des plages.
Le flou persiste toutefois quant aux conséquences judiciaires d'une éventuelle noyade d'un plaisancier en dehors des bouées délimitant les zones de baignades, sur les plages publiques. Est-ce que le sauveteur est responsable du décès d'une personne qui se baignait à l'extérieur des balises?
«Le rôle du sauveteur est d'avertir ces gens qu'il n'y a pas de surveillance hors des limites, explique le directeur de Sauvetage nautique du Québec, Raynald Hawkins. On n'a pas le pouvoir de donner une amende... Et je pose la question - assez extrême -. Si je vais sauver une personne hors des limites et qu'en même temps, un enfant se noie à l'intérieur de la zone permise, comment puis-je justifier mon geste?»
Le gestionnaire aquatique à la Ville de Gatineau, Martin Goulet, explique qu'un sauveteur, comme bon citoyen, ira secourir la personne en détresse hors des limites permises. «On parle d'un geste de civisme.»
Les autorités de la Ville de Gatineau s'en tiennent à dire que la baignade en dehors des limites et des heures de surveillance se fait «à ses risques et périls», tel qu'écrit sur les affiches des parcs et plages.
Simulation
Des sauveteurs et les services d'urgence de Gatineau ont simulé la détresse d'une baigneuse en eau libre, hier après-midi, à la plage du parc des Cèdres, sur la rivière des Outaouais.
La Ville de Gatineau souligne la Semaine nationale de prévention de la noyade.
«Si cela arrive réellement, l'aide du public est primordiale, mentionne M. Goulet. Dès qu'on entend un long coup de sifflet, on prend les enfants et on sort.»
Par ailleurs, le «Syndrome Tom Sawyer» décrit par M. Goulet met en scène des jeunes hommes qui jouent les braves. «On le voit chez les 18-24 ans, dit-il. On se donne des défis, on veut impressionner, alors qu'on ne pense pas aux dangers imminents.»
«Des incidents en milieux supervisés, poursuit M. Goulet, il y en a très peu; deux ou trois par année. La majorité des noyades se produisent en milieu ouvert, non surveillé, comme à la pêche, ou en motoneige sur les plans d'eau gelés.»
La dernière noyade en Outaouais s'est produite le 5 juillet dernier près de la Zec Pontiac.
Un couple naviguait en ponton sur le lac Nilgaut et aurait accosté sur une petite île. Puis, selon la Société de sauvetage du Québec, l'embarcation de plaisance a dérivé. La victime de 51 ans, serait partie à la nage sans veste de flottaison afin de rejoindre le ponton et elle aurait été emportée par le courant. Son décès, la 21e noyade de l'été déplorée par laSociété de sauvetage du Québec, a été constaté sur place.
Vendredi prochain, un nage-o-thon provincial sera organisé dans toutes les piscines intérieures et extérieures ainsi qu'aux plages publiques de Gatineau.L'objectif régional est de 1000km, soit presque la moitié de l'objectif provincial de 2500km.