Les Mosaïcultures en Turquie, en attendant Gatineau

En attendant avec un brin d'anxiété que le fédéral confirme - ou pas - son financement pour la tenue des Mosaïcultures internationales de Gatineau en 2017, l'équipe de la directrice générale de l'événement, Lise Cormier, est loin de se tourner les pouces.
Une quarantaine d'artistes de l'acier, de sculpteurs au chalumeau, d'ingénieurs en structures et de dessinateurs techniques se préparent à marquer le coup à Antalya, en Turquie, lors de ce qui s'annonce comme les plus importantes Floralies internationales jamais présentées à ce jour sur la planète. L'événement dispose d'un budget astronomique de plus de 500 millions $, dont une dizaine pour financer l'exposition des Mosaïcultures. Plus de 8 millions de personnes sont attendues dès avril prochain.
Lise Cormier a reçu le mandat de créer le «wow» qui doit paver la voie à d'immenses jardins à l'intérieur desquels une quarantaine de pays seront représentés. Le Canada, souligne la directrice générale des Mosaïcultures, n'en fait pas encore partie. Il est encore temps, dit-elle.
Plusieurs dizaines de pièces de sculptures sont actuellement en cours de production à l'atelier de Kadriform, en bordure de l'autoroute 40, à Repentigny. L'atelier de François Gravel est en activité pratiquement jour et nuit. Toutes les pièces doivent être terminées en janvier.
LeDroit a eu un accès privilégié et exclusif aux installations et à ses artisans, cette semaine. Aucun autre média n'avait encore pu jeter un oeil sur les préparatifs en prévision des Floralies internationales d'Antalya, en Turquie.
Lors de notre passage, pendant que les chalumeaux et les scies à fer donnaient le ton à l'intérieur de l'usine, un grutier et quelques travailleurs s'affairaient à l'extérieur à fixer la tête d'un énorme mammouth d'acier sur son corps. La scène avait quelque chose de spécial pour l'équipe. Elle assistait en même temps que nous au test de l'assemblage de la plus grosse oeuvre qui sera présentée dès avril prochain, en Turquie.
Mme Cormier explique que le mammouth, d'une taille de 6 mètres (20 pieds), se tiendra un peu en retrait d'une caverne à l'intérieur de laquelle se retrouveront des hommes préhistoriques. Le tout, bien entendu, en mosaïcultures. Une chute d'eau concoctée par des ingénieurs spécialisés en hydromécanique coulera à côté de l'abri.
Trois fois plus gros à Gatineau
Ce mammouth n'est cependant rien à côté de ce que souhaite offrir l'équipe de Mme Cormier pour les Mosaïcultures internationales de Gatineau en 2017. «Ce sera trois fois plus imposant que ce que nous préparons pour Antalya», précise-t-elle. À titre d'exemple, 750 000 fleurs seront nécessaires pour l'exposition en Turquie. Entre deux et trois millions fleuriront à Gatineau. Aussi, le mammouth aurait l'air moins intimidant à Gatineau, devant la réplique de la façade du parlement de Charlottetown qui doit faire 13 mètres (45 pieds) de haut par 30 mètres (100 pieds) de large.
Cette oeuvre majeure que Mme Cormier réserve pour le 150e de la Confédération canadienne représente un nouveau défi pour l'équipe des Mosaïcultures. Pour la première fois, des gens pénétreront à l'intérieur d'une oeuvre. Il s'agira de l'aire d'accueil. Le projet est si imposant qu'il doit respecter le code du bâtiment. «Les "oublie ça, ça ne se fait pas", ça n'existe pas ici», lance fièrement le coordonnateur de l'usine, Mathieu Gravel.