Le niveau de compétition en Coupe du monde a impressionné Sophie Carrier-Laforte : «Les autres filles sont tellement fortes», a-t-elle constaté.

Les malheurs de Sophie

Finir dernière en Coupe du monde à une semaine de Noël, ça ne se retrouvait pas dans sa liste de souhaits.
C'est toutefois la triste réalité qui attendait Sophie Carrier-Laforte, samedi, au fil d'arrivée du 10 km de style libre en départ de masse à La Clusaz, en France. La skieuse de fond d'Aylmer a été la 59e et dernière participante à compléter les cinq boucles, terminant avec six minutes de retard sur la gagnante, la Norvégienne Heidi Weng.
« Des fois durant la course, j'avais le goût de pleurer. D'autres fois, je pensais arrêter. Je ne me sentais pas à ma place », a avoué Carrier-Laforte en entrevue téléphonique.
Ce produit du club Skinouk savait assez tôt qu'elle était dans le pétrin. « Après le premier tour, j'ai perdu le groupe... J'ai skié seule en dernière position pendant huit kilomètres », a-t-elle précisé.
Ce n'était pas la première fois que pareil scénario se produisait. La femme âgée de 21 ans avait terminé à la queue du classement lors de la sixième étape du Ski Tour Canada, l'hiver dernier, à Canmore, en Alberta.
Coéquipières, entraîneurs et d'anciennes skieuses ont tenté de la réconforter après la course.
« Je me suis fait dire que terminer dernière à tes premières courses en Coupe du monde, c'est normal, que ça arrive à tout le monde », a raconté Carrier-Laforte.
Il s'agissait samedi de son neuvième départ aux côtés des plus grands noms sur la scène internationale. Son constat ?
« Les autres filles sont tellement fortes. C'est tellement surprenant, a noté la skieuse de l'Outaouais.
«Mais en même temps, ce ne fut pas toujours noir durant cette course, a-t-elle ajouté. Il y avait beaucoup de gens qui encourageaient le long du parcours. C'était différent de nos courses locales. Ça me motivait à continuer.»
Sophie Carrier-Laforte a été appelée en renfort en Europe, il y a une dizaine de jours, en raison d'une blessure à une membre de la formation canadienne, Maya Macisaac-Jones. Elle a participé à un sprint le week-end précédent à Davos, terminant aussi 59e.
Puis dimanche, au lendemain de sa dernière place, elle a pris le départ du relais 4 x 5 km féminin aux côtés de Cendrine Browne, Dahria Beatty et Emily Nishikawa. Le quatuor a terminé 12e dans cette épreuve remportée par les Norvégiennes.
Une course qui a soigné le coeur de Carrier-Laforte. «L'esprit d'équipe était bon. Les autres filles ne m'ont pas fait sentir comme si elle devait courser avec la fille qui venait de finir dernière. Je me sentais comme une autre», a-t-elle dit.
Une autre image qui lui restera en tête pour un bon bout ?
Celle d'un tracé aménagé sur de la neige artificielle. Le mercure indiquait 10 degrés Celsius à La Clusaz.
«Tu voyais du vert dans le champ. Le party était pogné dehors. Tu avais une fille au départ qui portait un t-shirt. C'était différent de l'air froid du ski de fond canadien.