Danyk Croteau (sur la photo), Vanessa Lepage-Joanisse et Louisbert Altidor ont tous remporté leur combat, vendredi soir.

Les locaux parfaits au Casino

Cent quatre secondes et c'était déjà fini. Son adversaire torontois était étendu au plancher. Danyk Croteau venait de s'offrir un cadeau de Noël.
Le boxeur de Gatineau a réussi son premier knock-out en carrière chez les pros, vendredi soir, lors du gala organisé par le groupe GYM au Casino Lac-Leamy. Sa victime ? Un certain Alex Ebanks, de Toronto, qui a vu sa fiche passer à un gain et trois revers.
« Je ne suis pas surpris. Danyk, c'est un gars qui a les mains pesantes. Il cogne assez dur pour coucher quelqu'un. Il n'avait tout simplement pas eu l'occasion de le montrer jusqu'ici chez les pros », a souligné l'entraîneur Éric Bélanger, qui dirige Croteau au club Final Round.
Son protégé en était à une troisième sortie chez les grands après une trentaine de combats dans les rangs amateurs. Il avait gagné une fois au printemps en plus de perdre à une autre occasion cet été.
Croteau avait été envoyé au tapis à Toronto au premier round. Une défaite qui l'avait marqué. Il avait promis de se montrer plus agressif cette fois-ci. Ce fut le cas. « Il n'était pas question de me faire prendre une deuxième fois », a-t-il avoué.
Danyk Croteau a grimpé dans les câbles en voyant Ebanks au sol après avoir été sonné par une gauche au visage. « Je savais que c'était fini... C'était évident. Je l'avais atteint solidement », a-t-il relaté.
Soirée parfaite
Vanessa Lepage-Joanisse
Sa victoire en demi-finale a couronné une soirée parfaite pour les boxeurs locaux. Vanessa Lepage-Joanisse, de la Petite-Nation, et Louisbert Altidor, d'Ottawa, ont aussi remporté leur combat respectif.
La première a offert sa meilleure performance en carrière. Un affrontement à sens unique remporté contre la Mexicaine Marie José « Tsunami » Velis (1-2-0, 0 KO), qui a abandonné à la fin du troisième round.
Ça criait le nom de Lepage-Joanisse dans la salle de théâtre lorsque l'arbitre a soulevé le bras droit de la favorite locale pour confirmer sa troisième victoire en autant de sorties chez les pros. « J'ai entendu ma mère. Je pense qu'elle est contente de moi, a lancé l'ancienne triple championne canadienne chez les amateurs.
«Moi, j'étais contente qu'elle soit ici (...) C'est la première fois qu'elle assiste à un de mes combats chez les pros.»
Lepage-Joanisse s'est imposée dès le début de ce combat chez les lourds-légers avec plusieurs crochets au visage et quelques coups au corps. Ce qui a fait dire au directeur du recrutement du groupe GYM, Bernard Barré, que Velis ressemblait à un sac de sable sur le ring.
«Je me retrouve en ce moment sur le plus gros nuage que j'ai connu... Je n'ai pas de mots pour expliquer comment je me sens, a ajouté la gagnante, qui a dû combattre en même temps un vilain rhume. Elle a passé les derniers jours à tousser sans cesse. «Entre les rounds, ma gorge brûlait. J'avais besoin de beaucoup d'eau.»
Cette victoire devrait lui permettre de grimper au classement mondial.
Lepage-Joanisse occupait le 10e rang avant de défaire Velis, qui était septième. Son entourage espère lui obtenir un combat de championnat du monde dans un avenir «à moyen terme».
KO pour «Ti-Couto»
Louisbert Altidor
Quant à Altidor, il a maintenu sa fiche parfaite, remportant un cinquième combat de suite.
«C'était spécial, car il s'agit de ma première victoire par knock-out technique. Ça fait du bien», a-t-il avoué.
L'ancien joueur de football a envoyé le Mexicain Alvaro Enriquez (13-17-2, 5 KO) à trois reprises au plancher lors du sixième et dernier round. Il a fait honneur à son nouveau surnom «Ti-Couto».
«Je travaille au corps tout le temps. C'est comme si je poignarde. On m'a donné ce surnom dans le gym. J'étais réticent au début. Je disais que ça ne pognerait pas. Mais finalement, ça pogne et c'est bon !»
Altidor, qui s'entraîne maintenant à Montréal au club Underdog, était un invité de dernière minute à ce gala. Il a reçu l'appel samedi soir pendant une fête de Noël entre amis.
«Pendant que je mangeais des sushis», a relaté en riant l'athlète âgé de 30 ans.