Les libéraux ontariens promettent dépenses importantes et élimination du déficit

Les libéraux en Ontario promettent des dépenses importantes de même que des restrictions budgétaires, dans un discours du Trône qui établit l'ordre du jour pour la prochaine décennie et les années subséquentes.
Les libéraux de la première ministre Kathleen Wynne promettent d'être responsables en freinant les dépenses pour respecter leur objectif d'élimination du déficit de 12,5 milliards $ en trois ans.
Mais ils prévoient aussi dépenser 130 milliards $ dans les infrastructures publiques sur 10 ans, en plus d'autres mesures pour contribuer à la croissance de l'économie de l'Ontario.
Le discours du Trône, lu jeudi par le lieutenant-gouverneur, David Onley, indique que le gouvernement investira aussi en éducation, en formation axée sur des compétences et en subventions aux entreprises pour stimuler le potentiel économique de la province.
Mais le gouvernement a prévenu qu'il n'y avait pas d'argent pour des hausses de salaire dans le secteur public, alors que des négociations sur de nouveaux contrats de travail se profilent à l'horizon.
Les libéraux ont soutenu que les électeurs leur avaient donné le feu vert en les reportant au pouvoir avec une majorité de sièges à l'Assemblée législative.
«Ainsi, au lieu d'imposer son plan, votre gouvernement convoquera d'abord la population, a lu le lieutenant-gouverneur. Il ne vous invitera pas à poser des questions une fois que les décisions sont prises, mais plutôt au cours du processus de prise de décisions.»
L'une de ces décisions porte sur l'annulation coûteuse de deux projets de centrales thermiques sous les libéraux de Dalton McGuinty. Un comité parlementaire qui se penche sur les annulations devait entendre de nouveaux témoins avant le déclenchement des élections.
Le discours du Trône s'est engagé envers plus de transparence et d'imputabilité, mais les libéraux n'ont pas promis d'autres audiences du comité, disant seulement qu'ils feraient en sorte de lui permettre de rédiger son rapport.
Ce qui devait être un grand jour pour les libéraux réélus s'est amorcé par ailleurs sur une note discordante. L'agence de notation de crédit Moody's avait réduit mercredi soir ses perspectives sur la dette de l'Ontario, qui passe de stable à négative, Moody's s'inquiète de la capacité du gouvernement libéral d'éliminer le déficit de 12,5 milliards $ en trois ans.
L'agence n'a pas modifié la note de crédit de la province, mais un abaissement augmenterait les coûts d'emprunts - qui se situent actuellement jusqu'à 11 milliards $ par année.
Les libéraux persistent à dire qu'ils peuvent équilibrer les finances sans éliminer des emplois du secteur public ou des services à la population.
Le budget, qui sera présenté à nouveau le 14 juillet, constitue les fondations et les contours du discours du Trône, qui a réitéré plusieurs autres mesures cadrant dans les dépenses de 130,4 milliards $, dont la création d'un régime de retraite provincial.