La députée de Hull, Maryse Gaudreault.

Les libéraux de l'Outaouais attisent la peur d'un référendum

Les députés libéraux de la région comptent agiter bien haut le spectre de la souveraineté chaque fois que l'occasion s'y présentera durant la campagne électorale.
« L'adversaire numéro un en Outaouais, c'est le spectre d'un référendum possible s'il y a un gouvernement majoritaire du PQ », prévient la députée sortante de Hull, Maryse Gaudreault.
En conférence de presse jeudi, Pauline Marois a réitéré que la tenue d'une consultation populaire sur la question nationale était probable si le PQ était porté au pouvoir. Le parti avait évité de se commettre quant à un éventuel référendum lors des derniers scrutins, alors que la perspective d'un gouvernement péquiste majoritaire était peu probable.
« Ils ont le mérite d'affirmer ce qu'ils veulent faire », souligne Mme Gaudreault, se disant impatiente « d'en découdre » avec son adversaire péquiste Gilles Aubé sur le sujet.
« C'est bien beau de faire valoir la souveraineté, mais quels sont les avantages pour les gens de (la circonscription de) Hull ? » se questionne-t-elle.
À l'instar de sa leader, le Dr Aubé soutient qu'un vote pour le PQ n'est pas un vote pour l'indépendance. « Ce n'est pas une élection référendaire, affirme-t-il. La population aura à choisir le meilleur gouvernement ».
Gilles Aubé, qui tente pour une quatrième fois de se faire élire dans la circonscription de Hull, rappelle que la démarche du PQ vers la souveraineté est « progressive ». « Il n'y a rien de caché. C'est une démarche tout à fait honnête », ajoute-t-il.
Mme Gaudreault compte bien utiliser le spectre référendaire pour convaincre les libéraux qui se sont laissé tenté par la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2012 de « rentrer au bercail ».
« J'ai la ferme intention de les ramener au PLQ. Un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ », martèle-t-elle, précisant miser également sur les enjeux en santé, en éducation et en économie.
M. Aubé ne souhaite pas s'éterniser sur le dossier de la souveraineté, lui préférant les enjeux en santé. Il se dit être le mieux placé pour doter la région d'une faculté de médecine satellite.
Le PQ aura la concurrence de Québec solidaire (QS) sur le terrain de l'indépendance. Sa porte-parole Françoise David y est allée d'une « profession de foi » souverainiste en point de presse hier.
Les candidats solidaires de la région s'en seraient bien passé et marchent sur des oeufs, conscients que l'Outaouais n'est pas un terreau fertile pour l'option souverainiste.
« Il faut qu'on tienne compte de la réalité des besoins des gens d'ici, C'est quelque chose qu'on va discuter avec le parti, souligne-t-elle. Il faut s'assurer que dans un Québec souverain, personne ne soit exclu. »