Les soeurs Decelles seront en action chez les femmes seniors à Ottawa.

Les jumelles Decelles prêtes à patiner

Le manteau bleu s'avère à la mode aux championnats canadiens de patinage artistique, qui se déroule depuis trois jours à Ottawa.
Avec ses 79 patineurs, le Québec possède la deuxième plus imposante délégation derrière l'Ontario. Dans le lot, on retrouve des jumelles de Baie-Comeau qui espèrent faire tourner des têtes.
Faites la connaissance de Kim et Emy Decelles. Les soeurs âgées de 18 ans seront en action chez les femmes seniors, vendredi après-midi, à l'aréna de la Place TD.
« Nous avons des styles très différents sur la glace. Moi, c'est plus classique tandis que le programme d'Emy s'avère plus jazz », note Kim, vice-championne nationale chez les novices en 2014.
« Ça ne veut pas dire que je n'aime pas son programme », ajoute en riant Emy.
L'entrevue se déroulait loin de la patinoire, sur une banquette de lobby d'hôtel. Les deux femmes venaient de débarquer dans la capitale nationale.
Les championnats canadiens s'avèrent de belles retrouvailles puisque les soeurettes ne s'entraînent pas au même endroit depuis quelques mois.
Kim peaufine son jeu de pied, ses sauts et ses chorégraphies dans son patelin de la Côte-Nord sous la supervision de sa mère et entraîneuse, Karen Sauvageau. « Une semaine par mois, je vais à l'école de patinage d'excellence à Rosemère », précise-t-elle.
Là-bas, Yvan Desjardins et Violaine Émard s'occupent d'elle.
« Moi, c'est l'inverse, souligne pour sa part Emy. Je m'entraîne à Rosemère à plein temps et j'essaie d'aller à Baie-Comeau au moins une fois par mois. »
Kim a tenté l'expérience de patiner avec sa soeur, loin de chez elle en octobre. « Mais ce n'était pas tout à fait pour moi », explique-t-elle.
Une décision qui n'a pas nui à son développement. La plus jeune des jumelles, née deux minutes après l'autre, a gagné le titre provincial à la fin de l'automne.
Emy, elle, a mis la main sur le bronze.
Il y a deux ans, les soeurs avaient eu l'occasion de vivre une autre belle aventure. Celle-là à saveur internationale, participant à deux étapes du circuit Grand Prix junior en Estonie et en Croatie.
Durant l'entretien, il est question d'un peu tout. Du fait que les deux Decelles étudient en sciences humaines, de leurs attentes à Ottawa, mais aussi de leur jeunesse passée en région éloignée. Une situation qui freine parfois le développement de certains espoirs sportifs.
Mais ce ne fut pas le cas des Decelles. « Nous avons toujours essayé de trouver des façons de se débrouiller. Il n'y avait pas de sport-études. Nous allions à l'école publique, mais nous nous organisions pour manquer un peu des cours pour nous entraîner. Puis en mai quand on perd la glace à Baie-Comeau, nous allions finir notre année de secondaire dans une école à Montréal afin de continuer à patiner », raconte Emy.
« Sans nos parents et l'ouverture de nos professeurs et plusieurs autres personnes, ça n'aurait jamais été possible. »
Sans ces gens, les jumelles Decelles ne patineraient peut-être pas dans les prochains jours aux championnats canadiens.