La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

Les conservateurs n'ont pas répondu à la FCFA

Contrairement aux autres formations politiques, le Parti conservateur n'a pas jugé bon de répondre aux questionnaires des organismes membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), dans le cadre de la campagne électorale.
En conférence de presse mercredi, la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier, a dévoilé les résultats d'une analyse des réponses, des déclarations et des plateformes de chacun des partis fédéraux. Elle a déploré que le Parti conservateur n'ait pas répondu aux demandes de la FCFA, ni à celles de ses organismes membres, sans toutefois dire aux électeurs francophones comment ils devraient voter.
«Nous ne portons pas de jugement sur cet état de fait. Nous mettons ces renseignements à la disposition des citoyens qui pourront en tirer leurs propres conclusions, a expliqué Mme Lanthier. Notre objectif a toujours été clair: outiller les francophones afin qu'ils accomplissent leur devoir citoyen de la façon la plus éclairée possible, en sachant ce que les partis sont prêts à faire pour eux.»
Dans cette analyse des engagements, la FCFA trouve des éléments encourageants qui dépassent l'énoncé de principe. Ainsi, le Parti libéral s'engage à développer avec les communautés un plan amélioré sur les langues officielles. Tant le Parti libéral que le NPD s'engagent à désigner un ministre responsable des langues officielles.
Le NPD veut diriger des sommes additionnelles vers les organismes communautaires, alors que le renforcement du rôle du commissaire aux langues officielles est aussi proposé par le Parti vert.
«Dans sa plateforme, le Parti conservateur promet de continuer à soutenir les communautés, et de poursuivre la Feuille de route actuelle. Cependant, la plateforme n'élabore pas davantage les mesures qui seraient préconisées pour soutenir les communautés», a mentionné Mme Lanthier.
De quasi invisibles à «entendus» partout
Au sujet de la place réservée aux enjeux liés aux communautés et à la francophonie, quasi invisibles dans les débats et les grands discours des chefs, le tollé soulevé par la FCFA après le débat du 24 septembre dernier aura au moins servi à attirer l'attention, puisque les dirigeants de l'organisme ont accordé plus de 60 entrevues sur le sujet, soit beaucoup plus que lors de la campagne électorale de 2011.
«Des citoyens des quatre coins du pays ont utilisé le mot-clic #nouscomptons sur Twitter pour exprimer leur colère, mais aussi leur détermination d'être entendus, coûte que coûte, a expliqué Mme Lanthier. La morale de cette histoire: nous prenons l'espace qui est le nôtre quand nous parlons, nous pouvons être entendus.»