Le patineur Vincent De Haître .

Les Concordes, l'usine d'Olympiens

Il y a eu les Crazy Canucks en ski alpin, puis le Québec Air Force en ski acrobatique.
Assiste-t-on en ce moment à la naissance des «Francos supersoniques» en patinage de vitesse?
La question se pose en regardant une tendance qui se dessine. Les Concordes de Gloucester seront représentés par deux patineurs au sein de l'équipe canadienne sur longue piste aux Jeux olympiques à Sotchi.
Il y aura Ivanie Blondin et Vincent De Haître.
Il y a quatre ans à Vancouver, un autre franco de la capitale, Nicolas Bean, avait brisé la glace pour le club en devenant son premier athlète à prendre le départ d'une course olympique. Dans son cas, il avait concouru en courte piste pour... l'Italie, le pays natal de son grand-père.
«Quand tu vois des résultats comme ça, ça veut dire que quelque chose marche bien (...) Ça veut dire que la philosophie et l'approche technique du club fonctionnent, soutient l'entraîneur-chef des Concordes, Michel Rivet.
«Quand tu y penses, c'est assez spécial d'avoir eu trois Olympiens depuis 2010.»
Le club compte plus de 70 jeunes patineurs dans ses rangs. Et de bons en plus.
«Les succès de Nicolas, Vincent et Ivanie, ça ne remonte pas à hier. Ils ont participé à un programme qui roule depuis très longtemps.»
Ça ne fonctionne pas à coups de pied au derrière chez les Concordes.
«Les coaches s'assurent de parler aux jeunes, de les écouter et de leur rappeler que nos buts sont communs. On leur dit aussi: ce que tu ne fais pas aujourd'hui, ce n'est pas grave. On va travailler dessus demain. Il ne faut pas se presser. Il faut surtout bien faire les choses, bâtir comme il le faut.»
Weidemann sur la bonne voie
Une quatrième patineuse, Isabelle Weidemann, semble sur la bonne voie pour devenir la prochaine Olympienne du club. La jeune femme de 18 ans a gagné le titre canadien junior récemment à Saskatoon en plus de fracasser un record de piste.
Elle possède le deuxième temps le plus rapide cette saison au monde chez les moins de 20 ans au 5000 m.
«Isabelle s'en va aux championnats du monde juniors en Norvège. Aux essais olympiques, elle avait terminé quatrième, note Michel Rivet.
«Elle fait partie de cette prochaine vague qui s'en vient.»
Les entraîneurs peuvent compter sur les Bean, Blondin et De Haître pour motiver la troupe.
«Nicolas a toujours dit aux jeunes: écoute l'entraîneur. Il ne te fait pas faire ça pour rien. Il a toujours une bonne raison», relate Rivet.
Premier franco en 42 ans
Un détail intéressant à noter au sujet de Vincent De Haître.
Il deviendra le premier patineur masculin francophone d'Ottawa en 42 ans à participer aux Jeux en longue piste. Le dernier? Gérard Cassan qui était de l'aventure à Sapporo en 1972.
«Il n'avait que 18 ans», rappelle Michel Rivet.
Cassan a gagné plus de 680 titres provinciaux, nationaux et internationaux durant sa carrière. Il avait gagné l'or aux championnats du monde juniors au 500 m.
Quant à Blondin, elle sera la première femme francophone de la région à patiner en longue piste aux Jeux depuis Chantal Côté en 1988 à Calgary.
Mcomtois@ledroit.com