Charline Labonté a enciassé huits buts l'an dernier. On y pense toujours à cette défaite amère, avoue-t-elle On l'utilise pour nous motiver.»

Les Canadiennes se souviennent

Présentée pour la première fois dans un amphithéâtre de la LNH en 2016, la finale de la Coupe Clarkson avait laissé un goût amer à la bouche des Canadiennes de Montréal qui avaient été humiliées 8-3 par l'Inferno de Calgary.
Le championnat de la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL) sera de retour au Centre Canadian Tire pour une deuxième année consécutive dimanche et les amateurs auront droit à une reprise de la finale d'il y a un an puisque les deux meilleures équipes de la saison régulière croiseront le fer à nouveau.
L'Inferno a complété son calendrier avec une fiche de 20-4-0 avant de disposer des Furries de Toronto 2-1 dans sa série demi-finale. Les Canadiennes de Montréal n'étaient pas loin derrière l'Inferno avec un dossier de 17-5-2. En demi-finale, elles ont enlevé les deux matches contre le Thunder de Brampton.
Dimanche, il n'y aura pas de deuxième chance. La finale de la NWHL, c'est un seul match. En 2015, il y avait quelque 4000 partisans dans les gradins du CCT pour voir l'Inferno remporter le premier titre de son histoire.
Charline Labonté, gardienne des Canadiennes, en a fait des cauchemars pendant longtemps. « Je ne m'étais jamais fait compter autant de buts dans un match de toute ma vie. C'était très triste. C'était comme si toute notre équipe avait connu son pire match au même moment. C'est une autre année maintenant, mais on y pense toujours à cette défaite amère. On l'utilise pour nous motiver. Quand tu te fais planter comme ça, il faut en tirer des leçons. »
La finale sera l'affaire de 60 minutes. Personne n'aura droit à l'erreur. Labonté souhaiterait que ça soit différent. « Tout le monde préférerait une série. Nous avons travaillé toute l'année pour nous rendre ici. De finir ça avec un match, c'est toujours plate pour le perdant. Nous aimerions que ça soit un quatre de sept comme dans la LNH, mais un seul match, ça crée de la compétitivité. »
En saison régulière, Montréal et Calgary ont divisé leur série de six matches en gagnant trois matches chacun. En ce sens, le match de dimanche ressemblera étrangement au septième match d'un quatre de sept.
« Vu comme ça, vous avez bien raison », a répondu Labonté devant l'observation du Droit.
Sans trophée depuis 2012
Même si elles font partie de l'élite du circuit année après année, les Canadiennes n'ont pas soulevé le gros trophée depuis 2012. Cette année-là, Caroline Ouellette avait été la joueuse la plus utile à son équipe. Âgée de 38 ans, Ouellette voudra certainement savourer une revanche contre l'Inferno dimanche. Un jour ou l'autre, cette pionnière ira rejoindre Hayley Wickenheiser comme nouvelle retraitée du hockey professionnel.
Malgré son âge, elle a été la quatrième meilleure compteuse du circuit avec 31 points en 22 matches. Elle a été devancée par Jess Jones (Brampton, 37 points) et ses deux coéquipières Marie-Philip Poulin (37 points) et Ann-Sophie Bettez (36 points). Cette dernière a été première au chapitre des buts avec 18.
« Les trois meilleures compteuses de la ligue sont de notre côté pour la finale. Toute équipe qui peut miser sur Marie-Philip Poulin a des chances de s'en tirer dans un gros match. Ann-Sophie est en train d'éclore alors que Caroline est toujours aussi en forme. C'est une athlète exceptionnelle », souligne l'Olympienne Labonté.
L'attaque de l'Inferno est menée par les Brianne Jenner, Bailey Bram, Rebecca Johnston et la recrue russe Iya Gavrilova. « Les deux équipes ont de la profondeur à toutes les positions. À la blague, on dit souvent que Calgary, c'est l'équipe nationale B parce qu'elle est remplie de joueuses de l'équipe canadienne, mais nous avons nos Olympiennes aussi », ajouté Labonté qui pourrait être confrontée à Geneviève Lacasse dans son duel de gardiennes.
Pour la 10e finale de l'histoire du circuit professionnel féminin, Labonté espère se retrouver du bon côté de la médaille. « Nous avons fait beaucoup de finales dans les dernières années, mais ça n'a jamais basculé de notre côté. »