Ils semblaient avoir donné le match aux Sénateurs avec ces deux erreurs bêtes, mais non. Les Bruins ont résisté.

Les Bruins refusent de mourir

Les Bruins de Boston ont donné une leçon de survie aux Sénateurs d'Ottawa vendredi soir au centre Canadian Tire.
Ou ce sont peut-être les Sénateurs qui ont manqué d'instinct du tueur pour achever l'ourson blessé.
Les Bruins faisaient face à l'élimination en tirant de l'arrière 3-1 dans la série. En deuxième période, la saison des Bostonnais était en péril quand Jean-Gabriel Pageau a donné une avance de 2-0 aux locaux. Quelques instants plus tard, Clarke MacArtur a raté une cage béante après avoir reçu une passe de première classe de Derick Brassard. Ça aurait pu être 3-0, mais les Sénateurs étaient en contrôle de la partie. Ils semblaient quand même se diriger vers la deuxième ronde des séries de la coupe Stanley quand David Pastrnak a finalement pu battre Craig Anderson.
C'était 2-1 et les Bruins avaient soudainement repris vie. Avant la fin du deuxième engagement, la recrue Sean Kuraly a créé l'égalité 2-2. Plus tôt dans la journée, son entraîneur-chef avait fait le choix de l'insérer dans sa formation à la place de l'Ottavien Ryan Spooner. C'était le premier but de la carrière de Kuraly dans la LNH.
Soudainement, les Bruins étaient ressuscités des morts. Ils ont pris les plus menaçants en troisième période avant d'écoper de deux punitions malheureuses dans les cinq dernières minutes de jeu: une pour avoir retardé la partie, l'autre pour avoir eu trop de joueurs sur la glace.
Ils semblaient avoir donné le match aux Sénateurs avec ces deux erreurs bêtes, mais non. Les Bruins ont résisté.
Non seulement ça, en prolongation, ils pensaient avoir compté deux fois. Les deux fois, les révisions ne sont pas tombées en leur faveur. Dans la deuxième prolongation, Patrice Bergeron a offert un autre avantage numérique important aux Sénateurs. Ceux-ci n'en ont pas profité.
Les Bruins avaient capté le signal. Ce n'était pas vendredi que leur saison allait se terminer. Sean Kuraly, encore lui, a saisi un retour de lancer de la pointe pour inscrire son deuxième but du match et forcer la tenue d'un sixième match à Boston dimanche.
«C'est le plus gros but de ma carrière, c'est sûr. Je me suis retrouvé aux bons endroits aux bons moments. Les bonds m'ont été favorables. Le crédit revient à notre leadership. Leurs voix se sont fait entendre quand nous tirions de l'arrière 0-2. Personne n'a baissé les bras», a dit celui qui a cru avoir compté le but gagnant de la première prolongation... à deux reprises. Assurément, Kuraly était dû pour avoir un impact sur le match.
Il avait été rayé de l'alignement dans les deux matches précédents. Les Bruins avaient besoin de son énergie. C'est pour ça que Bruce Cassidy a pris la décision de laisser un hockeyeur natif de la région de côté pour ce match crucial.
En matinée, Cassidy avait justifié sa décision en prétextant que Ryan Spooner n'affichait pas la santé optimale. «Ryan n'est pas à 100%. Nous aimons le jeu de Sean jusqu'à présent. Il se rend aux rondelles. L'échec avant nous a permis de générer de l'offensive dans cette série.»
Le rendement du jeune attaquant américain lui aura donné raison puisque finalement, Cassidy a avoué que Spooner aurait pu jouer dans le cinquième match.
«Ryan pourrait jouer. Nous avons pris une décision en fonction de ce que Sean pouvait nous donner. Ryan a fait de très bonnes choses pour nous. Je ne donnerai pas plus de détails. J'ai dû prendre une décision. Sean peut jouer au centre et à l'aile. Il fallait choisir cette option», d'expliquer Cassidy avant le match.
Avant de jouer les héros vendredi, Kuraly n'avait récolté qu'un point en huit matches avec les Bruins cette saison. Il avait été blanchi dans les deux matches des séries auxquels il avait pris part. En revanche, Spooner a amassé 39 points cette saison et deux autres dans les quatre premiers matches des séries contre les Sénateurs.
Le défenseur Zdeno Chara se réjouissait pour Kuraly après cette première victoire en prolongation des Bruins dans la série. «Il nous a apporté de l'énergie supplémentaire. Il a joué en pleine confiance. Il mérite pleinement ce qui lui arrive. Il n'a pas compliqué les choses. Il a récupéré le retour d'un simple tir sur le but vainqueur. Nous pensions avoir gagné bien avant ça. Nous sommes passés bien près, mais ça fait partie du jeu. Il fallait continuer à pousser dans le même sens.»
Chara a ensuite avoué que les moments clés du match sont survenus en toute fin de troisième période. «Nous avons dû tuer deux punitions dans les cinq dernières minutes. Nous avons bloqué des tirs. Tuukka Rask a fait de gros arrêts. Quand Patrice s'est retrouvé au banc des punitions en prolongation, nous étions en position précaire. J'imagine que nous étions destinés à gagner ce match!»