Charlie McAvoy a reçu des éloges de ses coéquipiers après avoir disputé son premier match dans la LNH.

Les Bruins l'ont échappé belle

Gagner le premier match d'une série en ne décochant aucun tir au but pendant toute une période, c'est une chose.
Le gagner en évoluant à cinq défenseurs pendant plus de la moitié d'un match, c'en est une autre, surtout qu'un de ceux-ci disputait son premier match en carrière dans la LNH. Âgé de 19 ans, Charlie McAvoy a passé 24 minutes et 11 secondes sur la patinoire. Seul le vétéran Zdeno Chara (25:32) a été utilisé davantage en défensive chez les Bruins.
Assurément, les Oursons ont eu le sentiment de l'avoir échappé belle en revenant de l'arrière en troisième période pour vaincre les Sénateurs 2-1.
« C'est le troisième match de suite que nous perdons un défenseur. Colin Miller a joué 60 matches pour nous cette année. Il a été blessé au bas du corps. Je ne connais pas la gravité de sa blessure, mais c'est dans ces situations que la profondeur d'une équipe entre en ligne de compte », a indiqué l'entraîneur-chef des Bruins, Bruce Cassidy.
Ce dernier n'a pas hésité à taper sur l'épaule du jeune défenseur médaillé d'or au dernier Championnat mondial junior pour combler le vide. Après deux périodes, McAvoy était le joueur des Bruins qui avait passé le plus de temps sur la patinoire.
Il était justement sur la glace quand Brad Marchand a inscrit le but de la victoire. « Il a été fantastique, a tranché Cassidy. Il voyait bien la glace. Il s'est bien défendu en parvenant à sortir la rondelle de notre zone. Il s'est tenu loin des problèmes. Nous avions besoin de lui. »
McAvoy pourrait occuper un rôle accru dans le prochain match si Colin Miller n'est pas en mesure de réintégrer l'alignement. Les Bruins sont déjà privés des précieux services de Torey Krug et Brandon Carlo à la ligne bleue.
McAvoy sur un nuage
Premier choix des Bruins en 2016, McAvoy savourait son baptême de feu après la victoire des siens. « J'étais vraiment nerveux à ma première présence sur la glace. L'amphithéâtre était bondé. Les partisans étaient en feu. Je me réjouissais en sachant que j'étais là pour jouer au hockey, un sport que j'adore. J'étais entouré de joueurs que j'ai admirés en grandissant à Boston. J'ai envoyé la rondelle directement sur mon propre coéquipier (Riley Nash) dès le départ, mais je me suis resaisi par la suite. J'ai joué avec Kevin Miller et il m'a bien dirigé. J'ai aidé mon club à gagner. J'ai passé une soirée mémorable. »
L'ancien de l'Université de Boston n'a jamais pensé qu'il jouerait autant à son premier match dans la LNH. Surtout en séries éliminatoires. « C'était super de voir la confiance qu'ils avaient en moi. Je n'avais pas d'attentes. Je voulais simplement être en mesure de m'ajuster au niveau de jeu pendant le match. »
Marchand élogieux
Auteur du but gagnant en fin de match, Brad Marchand a fait l'éloge de son nouveau coéquipier après le match. « McAvoy est un pur-sang. J'ai adoré son premier match. Il est intelligent. Nous sommes chanceux de l'avoir avec nous. »
L'ancienne vedette de la LHJMQ n'avait pas l'impression que son club était sur la bonne voie pour remporter le premier match contre les Sénateurs. Ceux-ci ont empêché les visiteurs de tirer au but pendant toute la deuxième période.
« Ils ne nous donnaient pas grand-chose. Après deux périodes, nous savions que nous n'allions pas gagner si ça continuait ainsi. Nous avons profité de deux erreurs pour marquer deux buts. C'est comme ça dans les séries. Nous avons été chanceux avec un bond favorable sur la bande sur le premier but de Vatrano. Puis, nous avons profité de leur fatigue en les embouteillant longuement dans leur territoire pour générer beaucoup de circulation. J'ai eu un bond chanceux directement sur ma lame de bâton. J'avais le filet complètement ouvert. Toute l'année, nous avons trouvé des façons d'élever notre jeu d'un cran quand nous étions en position vulnérable. »
Cassidy reste calme
L'entraîneur-chef des Bruins n'était pas satisfait des deux premières périodes de son club. Les Sénateurs ont dominé la deuxième période 12-0 dans les tirs au but, mais il pouvait se consoler.
« La situation était décourageante, mais nous n'avions toujours qu'un seul but de retard. Il fallait regarder ce que nous faisions de bien et commencer à gagner des batailles pour la rondelle. Je ne sais pas si c'était la nervosité dans les 40 premières minutes, mais nous n'avons pas gagné beaucoup de ces batailles. Ce n'était pas le 83e match de la saison, mais bien le premier match des séries. L'intensité et le jeu physique augmentent d'une coche. Il fallait être plus affamé. »
Chara le grand frère
Zdeno Chara est grand, ce n'est pas nouveau.
Le capitaine des Bruins est rendu à 40 ans et s'il n'a pas l'âge d'être un grand-père, il agit comme grand frère pour les jeunes défenseurs que la formation bostonnaise a intégré cette saison.
Après avoir pris sous son aile la recrue Brandon Carlo, l'ancien Sénateur a dû adopter un nouveau jeune arrière-garde lorsque la série contre Ottawa s'est mise en branle mercredi - le choix de première ronde Charlie McAvoy ayant été appelé à disputer un premier match dans la LNH vu que Carlo est au rancart en raison d'une blessure, tout comme Torey Krug.
Le défenseur de 6' 9'' et 250 livres apprécie remplir ce rôle de mentor, selon son entraîneur Bruce Cassidy. «Peut-être que c'est parce que j'ai mes propres enfants, j'ai plus de patience», a-t-il blagué mercredi.
«Il faut les laisser être comme ils sont, jouer de la manière qui leur a permis de se rendre ici. Puis ensuite, lentement, tu cherches peut-être à les aider de toutes les manières possibles. Mais tu ne veux pas trop faire ça, tu veux les laisser jouer, les laisser utiliser leur talent», a ajouté Chara.
Le meilleur possible
McAvoy a quitté l'Université de Boston, où il avait récolté 5 buts et 26 points en 38 matches, pour signer un contrat d'essai amateur avec les Bruins de Providence, avec qui il a amassé deux passes en quatre parties. Il avait aussi aidé l'équipe nationale junior américaine à remporter une médaille d'or en janvier dernier, alors qu'il était un coéquipier de l'espoir des Sénateurs Colin White.
«Il (Chara) me dit de garder les choses simples. Je me suis rendu ici en jouant du hockey efficace, je vais tenter de faire la même chose, m'habituer au rythme et passer la rondelle rapidement, être le meilleur défenseur possible», a souligné McAvoy.
White est un de ses bons amis, ayant été son coéquipier pour deux championnats mondiaux en plus de deux ans avec l'équipe nationale de développement américaine (moins de 17 ans), en plus d'équipes de hockey estival à Boston. «Je l'ai vu hier, on s'est parlé un peu. On traverse un peu les mêmes choses présentement, c'est bon d'avoir un ami comme ça, même si on est dans deux organisations différentes qui vont s'affronter», a-t-il dit.