Le maire accepte de rendre régulièrement des comptes à la presse locale pour tenir la population au courant des dossiers.

Les 100 jours de Maxime Pedneaud-Jobin

Bon, il ne porte pas la cravate. Je sais, c'est un scandale.
Maxime Pedneaud-Jobin ne porte pas la cravate, sauf à de très rares occasions. C'est inadmissible pour un politicien de son envergure. Que diable, le maire de Gatineau représente plus de 270 000 personnes!
C'est pourtant reconnu, le port de la cravate rend plus intelligent. La preuve, Rob Ford à Toronto porte fièrement la cravate. Même quand il est paf.
Allez, quoi, un peu de dignité.
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Maintenant que cette question primordiale est vidée, prenons un instant pour savourer le temps qui passe. Parce qu'il passe vite.
Voilà déjà cent jours aujourd'hui que les Gatinois se sont donné un nouveau maire dans la foulée des ratés du Rapibus. Un nouveau maire avide de réformes, mais élu avec un boulet au pied : son parti est minoritaire au conseil municipal.
Cent jours, c'est trop tôt pour porter un jugement définitif sur Maxime Pedneaud-Jobin. Mais c'est quand même assez long pour se faire une idée de son style. Un style qui contraste, c'est le moins qu'on puisse dire, avec la pâleur de son prédécesseur.
Alors que M. Bureau préférait travailler loin des caméras, Maxime Pedneaud-Jobin accepte de rendre régulièrement des comptes à la presse locale. La population est ainsi au courant de ses faits et gestes et peut mieux suivre l'évolution des dossiers. Parions que lorsque ça va brasser, les gens seront mieux à même de saisir les enjeux.
Le maire s'impose en plus un exercice de transparence au quotidien. Chaque soir, il résume sa journée à la mairie sur sa page Facebook... et va jusqu'à s'excuser s'il oublie de le faire. L'exercice semble apprécié des citoyens qui sont nombreux à commenter ses interventions.
Au-delà de la transparence, c'est sur la question du leadership que M. Pedneaud-Jobin se démarque. Il a réussi un coup fumant en formant ce front commun avec le maire d'Ottawa, Jim Watson, pour obtenir deux nouveaux sièges à la Commission de la capitale nationale.
Dans ce dossier, M. Pedneaud-Jobin a certainement vu une belle occasion de faire retentir « la voix forte pour Gatineau » qu'il promettait en campagne électorale. Son flair ne l'a pas trompé.
Les cinq députés libéraux de l'Outaouais se sont vite ralliés à sa croisade, puis les maires de la CRÉO.
Et vendredi, c'était au tour du gouvernement Marois de se ranger derrière Maxime Pedneaud-Jobin. Il y a sans doute une part de calcul politique dans cet appui. Pour le Parti québécois, cet affrontement contre le CCN est une occasion rêvée de casser du sucre sur le dos du fédéral à la veille d'une élection provinciale au Québec.
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Au conseil municipal, Maxime Pedneaud-Jobin peine toutefois à imposer ses réformes. Son parti s'est fait défaire sur la question du salaire des élus et sur l'abolition du Fonds des communautés, deux éléments clés du programme d'Action Gatineau.
Jusqu'à maintenant, le parti politique compense son désavantage numérique par la cohérence de ses positions. Mais avec seulement quatre sièges sur 18, Action Gatineau ne peut pas faire de miracles. Maxime Pedneaud-Jobin apprend à la dure les contraintes d'un gouvernement minoritaire. Sans compter que tôt ou tard, c'est une prédiction, un second parti politique apparaîtra à la table du conseil municipal. C'est vraiment au lac-à-l'épaule du conseil municipal, début mars, qu'on saura vraiment de quel bois est fait Maxime Pedneaud-Jobin. Il souhaite y discuter de certaines pommes de discorde.
Le maire veut mettre une croix sur le projet touristique Destination Gatineau, contre l'avis de plusieurs élus. Qui l'emportera ? Y'aura-t-il un terrain d'entente ?
Et surtout, le maire portera-t-il la cravate ? Que de suspense...