L'activité de mercredi soir regroupait un millier de travailleurs autonomes, professionnels et entrepreneurs.

«L'économie va rouler» en Outaouais

Taux de chômage en hausse, compressions dans la fonction publique fédérale et marché immobilier au ralenti: l'économie de l'Outaouais a beau avoir été malmenée ces derniers mois, à en croire des gens d'affaires interrogés hier soir lors du 16e 5 à 7 du Rapprochement des associations à Gatineau, le climat est loin d'être aussi morose qu'on pourrait le croire. Au contraire, l'optimisme règne en cette amorce d'une nouvelle année.
Pour le notaire MeJohn Lapierre, de Gagné Isabelle Patry Laflamme & Associés, Notaires Inc, il est clair que la situation économique régionale est sur une pente ascendante.
«On a vu un petit ralentissement l'été dernier, oui, mais il y a plein de beaux projets à venir dans la région en 2014. L'économie va rouler. Le domaine de l'immobilier va redémarrer aussi. Les taux d'intérêt sont bas, les gens ont de bonnes réserves. (...) Il y a une sorte de bulle à Gatineau. Oui, le taux de chômage a augmenté, mais on doit se poser la question: qui a perdu ces emplois-là? On ne doit pas seulement se fier aux médias, car ils propagent souvent de mauvaises nouvelles», a-t-il lancé. À son avis, lorsque des hommes d'affaires influents tels que Camille Villeneuve investissent des sommes importantes pour des projets immobiliers (550 unités de logement dans l'Est ontarien dès cet été), c'est un bon indicateur de la prospérité économique de la région.
Même son de cloche pour la directrice de la Sporthèque, Élaine Dupras. «On ne peut pas se plaindre, les affaires ont gardé une constance. Et pourtant, depuis un an et demi, on se disait qu'un abonnement dans un centre sportif était un luxe. C'est souvent ce type de dépenses que les gens coupent en premier. Avec les compressions au fédéral, on s'attendait à ce que certains laissent tomber, mais finalement on n'a pas ressenti de conséquences. J'ai confiance en l'avenir», a-t-elle commenté.
Étonnamment, même les organisations philanthropiques ont réussi à bien tirer leur épingle du jeu au cours des derniers mois. C'est du moins le cas à la Fondation du CSSS de Gatineau, selon son directeur général Marc Villeneuve.
«Ce qui est intéressant dans de telles situations, c'est qu'une sorte de paradoxe s'installe. On est dans un contexte où les gens se retiennent, dans un mode de mise en garde, mais en même temps les gens d'affaires développent une conscience en s'assurant que les assises (santé et éducation) sont solides. C'est l'interprétation que j'en fais. Je dois avouer que depuis trois ans, il y a une croissance au niveau des dons. La prise de décision des donateurs est peut-être au ralenti, mais l'argent entre quand même. L'an dernier, on a remis trois millions$, un montant record», dit-il.
Plus important événement de réseautage de l'année, l'activité d'hier soir réunissait un millier de travailleurs autonomes, professionnels et entrepreneurs de l'Outaouais.
«Le but, c'est que les gens réseautent entre eux lors d'une activité commune. C'est très rare par exemple que les gens du tourisme vont discuter avec les gens de la Chambre de commerce de Gatineau ou du Regroupement des gens d'affaires (...)», soutient le président du Rapprochement des associations, Jean-François LeBlanc, qui croit qu'en cette ère des médias sociaux, les poignées de main et les 5 à 7 ont encore leur place. Ce dernier estime lui aussi que l'économie se porte bien.
L'organisation, qui regroupe neuf réseaux d'affaires (dix sous peu), orchestre aussi cette fin de semaine le 4e Salon des entreprises de Gatineau, qui réunira 80 exposants à la Maison du citoyen. Une poignée de conférenciers sont à l'agenda, dont l'expert Web François Charron, le professeur en communication à l'Université d'Ottawa, Luc Dupont, ainsi que le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.