Deveu agent de joueur, l'ancien gardien des Sénateurs, Pascal Leclaire, est retombé sur ses pattes. Il a même l'air de plutôt bien se porter.

Leclaire a retrouvé le moral

Lorsque des ennuis de santé l'ont contraint à prendre sa retraite, en 2011, Pascal Leclaire s'est vite rendu compte qu'il avait bien peu de chose devant lui.
«Je n'ai pas fait une dépression... Mais je dirais que je n'ai pas trouvé les mois qui ont suivi trop faciles», avoue-t-il.
L'ancien gardien des Sénateurs est retombé sur ses pattes. Il a même l'air de plutôt bien se porter.
On l'a croisé la fin de semaine dernière à Philadelphie, où il effectue ses premiers pas dans une nouvelle profession: il est agent de joueurs. Le puissant Don Meehan l'a pris sous son aile.
On devrait le croiser de nouveau ce week-end. Il accompagnera sa fiancée, l'ex-joueuse de tennis Marie-Ève Pelletier, au Challenger de tennis de Gatineau, dont les qualifications débutent samedi.
Dans les deux cas, son rôle est un peu le même. Il accompagne, guide et conseille des jeunes athlètes. Un rôle qui lui va très bien.
«Pour l'instant, je suis davantage un conseiller qu'un agent», avoue-t-il d'emblée.
«Dans le métier, je ne m'occupe pas trop des négociations. Je laisse le côté business aux autres. Avec Stéphane Fiset et Bob Perno, mon mandat consiste à recruter des jeunes au Québec.»
«Personnellement, quand j'étais jeune, j'aimais beaucoup écouter les joueurs plus vieux qui avaient de l'expérience. Les meilleurs conseils que j'ai reçus m'ont été donnés par des coéquipiers d'expérience. J'ai toujours beaucoup appris en regardant les vedettes travailler. Les conseils de ces gars-là étaient précieux. C'est un peu mon tour de transmettre des conseils à la prochaine génération.»
Et pour un jeune homme qui a été obligé de tout arrêter à 28 ans, Leclaire a beaucoup d'histoires à raconter.
«Je crois avoir vécu ce que le hockey avait de mieux à offrir. J'ai aussi vécu le pire», résume-t-il.
Le plus beau? Être repêché en première ronde, sans doute.
Le plus laid? Les blessures à répétition. Le corps qui, à la longue, ne peut plus en prendre. Les mois qui ont suivi sa retraite, surtout.
«Dans les premiers mois, j'ai trouvé ça tough. Même si je n'appartenais plus aux Sénateurs, je continuais à travailler avec les thérapeutes et les médecins d'Ottawa dans le but d'effectuer un retour. Par la suite, quand j'ai compris que c'était bel et bien fini, je n'ai pratiquement rien fait pendant six mois. Je n'avais pas de plan pour la suite des choses. Je peux te dire que j'ai trouvé ça plate en tabarouette, tout seul chez nous à me tourner les pouces...»
Le jeune retraité originaire de Repentigny a tenté sa chance dans le monde de la télévision. Ça n'a pas vraiment fonctionné. «C'était peut-être un peu trop tôt pour moi. Des fois, je regardais des matches à la télé et je pleurais», avoue-t-il.
Quand Meehan et Perno lui ont tendu une perche, au début de la saison 2012-13, il était prêt à relever un nouveau défi.
«Au fond, ils m'ont donné une chance de rester dans le hockey. Tsé, la Ligue nationale de hockey, ça peut avoir l'air gros de l'extérieur, mais quand tu es dedans, ça finit par faire partie de ta vie. Tout finit par tourner autour du hockey. Je suis très heureux de retrouver mon monde. Je peux côtoyer mes anciens coéquipiers. Certains commencent à s'impliquer avec des formations de calibre junior majeur.»
Bientôt un mariage
Leclaire n'a pas uniquement trouvé le bonheur dans sa vie professionnelle. Il compte les jours qui le séparent de son mariage.
Marie-Ève Pelletier, sa future épouse, a également mis un terme à sa carrière d'athlète en 2013.
«Dans un monde idéal, j'aurais aimé décider de la date de ma retraite, confie Leclaire. J'étais jeune. J'étais sur le point d'atteindre mon prime. Quand je vois des gars de ma génération connaître du succès sur la glace, des fois, ça vient me chercher un peu. Je me dis que ça pourrait être moi.»
«Mais bon. C'est la vie. J'ai pas mal complété mon deuil. Je n'avais pas vraiment le choix non plus. Un moment donné, tu dois aller de l'avant. Si tu restes accroché dans le passé, tu n'iras pas bien loin», ajoute-t-il.
Aller de l'avant en aidant ceux qui évolueront dans la LNH demain. Il faut reconnaître qu'il y a une certaine logique derrière tout cela.