«J'étais assis sur mon siège, avant de prendre la route, en train d'enlever mes bottes pour mettre mes espadrilles, quand un gars a ouvert la porte du camion. Il a dit, d'un ton raide, 'Enwèye en arrière!' Je pensais que c'était une blague d'un ami. Mais le gars - il se tenait sur le marchepied - m'a donné un coup de gun sur le bord de l'oeil», a raconté le chauffeur Louis Morin devant le juge.

Le voleur de cuivre coupable sur toute la ligne

Quelques heures ont suffi au jury pour déclarer Paul Grant coupable d'avoir braqué un camionneur pour voler sa cargaison de 76 500 livres de cuivre, en 2010, à Mont-Laurier.
Coupable sur toute la ligne. Le jury, composé de 8 hommes et 4 femmes, a rendu son verdict en début d'après-midi, mercredi, au palais de justice de Gatineau. Il s'est rangé entièrement du côté de la Couronne, en le déclarant coupable de séquestration, vol qualifié et recel.
Ce que le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, comparait à une scène western, au début du procès, démontre que des malfaiteurs sont parfois prêts à aller très loin pour s'enrichir grâce à la valeur du cuivre sur le marché.
Le 22 décembre 2010, à Mont-Laurier, le camionneur Louis Morin s'apprêtait à prendre la route en direction de Montréal. Un homme a fait irruption du côté conducteur, le frappant avec une arme à feu et le contraignant à rester sur le lit, derrière le camion, et à regarder en arrière.
Deux inconnus ont conduit pendant des heures, fait décharger le contenu de la remorque - environ un demi million $ d'anodes de cuivre - et abandonné le camion et son chauffeur à Pointe-Fortune. Le jury a retenu que Paul Grant avait aussi participé à la vente du cuivre à un ferrailleur de la région de Montréal.