L'Espagnol Alberto Contador aimerait signer une dernière victoire dans son pays avant de prendre sa retraite du cyclisme.

Le Tour d'Espagne, malgré le deuil

La Vuelta s'élance samedi pour la première fois de France, dans une atmosphère plombée par les attentats qui ont ensanglanté l'Espagne et relégué au second plan le plateau royal présent dans l'arène à Nîmes.
Pour les organisateurs, qui ont exprimé leur « solidarité avec les victimes des attentats de Barcelone » ayant fait au moins 14 morts et plus de cent blessés jeudi, ces actes terroristes accentuent la priorité accordée à la sécurité, si difficile à assurer sur une course cycliste suivie par des milliers de personnes au bord des routes.
L'organisation a dit vendredi travailler avec les autorités pour assurer la protection du public et de l'épreuve. Des « mesures extraordinaires » ont d'ores et déjà été adoptées en Andorre pour les troisième et quatrième étapes lundi et mardi, avec des contrôles renforcés aux frontières de la Principauté, enclavée entre France et Espagne, a fait savoir le gouvernement andorran.
Dans cette atmosphère, le contrôle positif à l'hormone de croissance du co-leader de BMC, l'Espagnol Samuel Sanchez, deuxième du Tour 2010, n'a pas contribué à remonter le moral ambiant.
Après Lisbonne en 1997 et Assen aux Pays-Bas en 2009, c'est la troisième fois seulement que la Vuelta s'élance hors d'Espagne, contre 12 départs hors d'Italie pour le Giro et 22 hors de France pour le Tour de France. Et pour sa grande première en France, la Vuelta a choisi le décor antique de Nîmes où les coureurs passeront samedi lors du contre-la-montre par équipes inaugural au sein des célèbres arènes romaines.
Après une deuxième étape 100 % française dimanche entre la préfecture du Gard et Gruissan (Aude), le peloton passera en Andorre avant de pénétrer mardi en Espagne par la Catalogne, endeuillée par les attaques de Barcelone et de Cambrils.
Le jubilé de Contador
Souvent considérée comme le parent pauvre des trois Grands Tours, la Vuelta réunit cette année un plateau royal, privé toutefois du tenant du titre, le Colombien Nairo Quintana, qui a couru le Giro et le Tour.
Emmené par le quadruple vainqueur du Tour de France Chris Froome (Sky) qui part grandissime favori, le peloton comptera dans ses rangs les Italiens Vincenzo Nibali (Bahreïn), vainqueur de la Vuelta 2010, et Fabio Aru (Astana), vainqueur en 2015, les Français Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale), troisième du Tour de France cette année, et Warren Barguil (Sunweb), meilleur grimpeur, ou encore les jumeaux britanniques Simon et Adam Yates (Orica).
Sans oublier le « Pistolero » Alberto Contador (Trek), triple vainqueur de l'épreuve (2008, 2012, 2014), déterminé à réaliser un dernier coup de force dans son pays avant de raccrocher définitivement le vélo à 34 ans.
Froome en mission doublé
De quoi garantir le spectacle sur un parcours tracé pour avec cinq étapes de montagne, dont les deux monstres de Los Machucos et Angliru la dernière semaine, 8 de moyenne montagne et sans équipes susceptibles de cadenasser la course au profit des sprinteurs sur les étapes de plat.
Après sa quatrième victoire dans le Tour de France (2013, 2015, 2016, 2017), le Britannique Chris Froome est surmotivé par la perspective d'être le premier coureur à réaliser le doublé Tour-Vuelta dans cet ordre. Seuls les Français Jacques Anquetil (1963) et Bernard Hinault (1978) ont gagné les deux courses sur la même saison, mais la Vuelta se courrait alors en avril-mai.
Arrivé deuxième du Tour d'Espagne en 2011, 2014 et 2016, « Froomey » estime avoir « un boulot à finir avec la Vuelta ». « Nous sommes en mission cette année », a ajouté le leader de Sky, qui sera épaulé par Wout Poels et Mikel Nieve.
« C'est une course que j'aime, mais elle est implacable. Elle est toujours beaucoup plus montagneuse que le Tour de France et les conditions sont plus dures » avec des températures dépassant les 40 degrés, a-t-il souligné, conscient de la tâche qui l'attend