Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau

Le ton monte à l'assemblée

Le ministre fédéral des Finances s'est fait houspiller vendredi par des contribuables furieux de la réforme fiscale pour les petits entrepreneurs que propose le gouvernement libéral.
Bill Morneau a participé à une assemblée publique au cours de laquelle la période de questions a viré à la séance de défoulement. Certains criaient au ministre de répondre, alors que d'autres tentaient de faire cesser les cris pour le laisser parler.
Tout au long de l'assemblée, la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a essayé de maintenir le calme. M. Morneau est demeuré assis silencieusement tandis qu'une personne après l'autre s'approchait des microphones installés dans la salle pour se prononcer contre le projet. « Ce n'est pas la première pièce comme celle-ci où je m'assois », a-t-il déclaré lors de ses remarques de clôture.
Il a évoqué une question qui lui a semblé récurrente sur ce que le gouvernement compte faire, mais s'est fait interrompre par plus d'une personne pour lui demander d'y répondre directement, une fois pour toutes.
Les libéraux font face à une vive opposition à leur projet depuis que le ministre Morneau a dévoilé les changements proposés au cours de l'été. Les opposants à la réforme affirment que les changements nuiraient aux Canadiens ayant différents niveaux de revenu, y compris les médecins, les agriculteurs et les propriétaires de petites entreprises.
Le climat s'est enflammé ces derniers jours, alors que l'opposition conservatrice a associé les changements à l'entreprise familiale du ministre, Morneau Shepell, qui administre des régimes de retraite individuels
Un expert a déclaré au Comité des finances de la Chambre des communes que ces types de régimes pourraient devenir plus attrayants si les propositions fiscales sont mises en oeuvre dans leur état actuel.
Le ministre admet que le message du gouvernement sur les changements proposés a été mal communiqué.
Il affirme que beaucoup de gens semblent se concentrer sur les changements au fractionnement du revenu et aux investissements passifs - des stratégies qui ne s'appliquent probablement pas à eux parce qu'ils ne sont utilisés que par un petit nombre de contribuables.
« Nous n'avons tout simplement pas réussi à faire passer le message que nous voulons réduire les taux d'imposition des petites entreprises », a-t-il déclaré, ajoutant que son gouvernement veut mettre fin à des avantages fiscaux qui bénéficient à un petit groupe de gens fortunés.
Le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre, a qualifié l'assemblée publique de « rendez-vous avec la réalité » pour le ministre Morneau.
L'enjeu sera à l'ordre du jour la semaine prochaine lorsque le premier ministre Justin Trudeau rencontrera ses homologues provinciaux.