Le quart des militaires libérés des Forces canadiennes pour des raisons médicales ne reçoivent pas l'aide nécessaire pour la transition à la vie civile.

Le tiers des soldats demandent de l'aide psychologique

Près du tiers des militaires déployés en Afghanistan ont demandé des soins spécialisés en santé mentale dans les quatre années suivant leur retour de mission.
La récente vague de huit présumés suicides de militaires canadiens en deux mois - dont celui du lieutenant-colonel Stéphane Beauchemin, de Limoges -, de même que le retour de mission de soldats canadiens, cette semaine, remet sur la sellette les efforts qui devront être déployés par la Défense nationale en santé mentale.
En octobre dernier, le ministère avait pourtant présenté sa stratégie à long terme en santé mentale et fait état des améliorations obtenues depuis le début des opérations de combat en Afghanistan en 2006.
Selon le rapport Une évolution de l'excellence, du médecin général et brigadier général des Forces canadiennes, J.J.-R.S Bernier, les services de santé sont accessibles et acceptables pour de nombreux militaires, sauf que moins de la moitié des individus présentant un trouble mental apparent cherchent à obtenir des soins.
Malgré les progrès réalisés, le temps d'attente pour les soins demeure un problème, tant dans les Forces qu'au sein de la population. «Une stratégie à plus long terme et plus détaillée est maintenant de mise afin d'orienter et de hiérarchiser nos efforts, étant donné la fin prochaine des opérations en Afghanistan, l'augmentation importante des ressources financières pour la santé mentale, les avancées cliniques et technologiques, et notre meilleure compréhension du fardeau actuel et prévu en ce qui concerne les maladies mentales au sein des Forces armées canadiennes, obtenue grâce à la surveillance et à la recherche dans le domaine de la santé», indique le médecin général Bernier dans son document.
Taux de suicide «stables»
Le rapport déposé l'automne dernier, avant la vague de suicides, révélait que le nombre annuel de cas est relativement faible chez les militaires, alors qu'il a doublé dans l'armée américaine au cours des 10 dernières années.
«Contrairement à ce qui s'observe dans l'armée américaine, les taux de suicide sont demeurés stables au sein des Forces armées canadiennes (FAC) au cours des 10 dernières années. Par ailleurs, le taux de suicide dans les FAC n'est pas plus élevé que dans la population générale, si l'on compare des personnes du même groupe d'âge et du même sexe; en fait, il est plus faible. Enfin, le taux de suicide n'est pas plus élevé chez les personnes qui ont été déployées que chez celles qui n'ont pas été déployées», relève M. Bernier dans le rapport.
Selon un comité d'experts des Forces sur la prévention du suicide, mis sur pied en 2010, les militaires estiment faire face à de nombreux obstacles lorsqu'ils veulent des soins de santé mentale.
«Le stigmate demeure un problème qu'il est impossible d'éliminer complètement, mais la plupart des membres des FAC font maintenant preuve d'ouverture envers les problèmes de santé mentale et les soins de santé mentale», indiquait alors le médecin général des Forces.
Le chef d'état-major de la Défense, Tom Lawson, avait pour sa part souligné que des programmes et des services en santé mentale à l'intention des militaires avaient été mis en place, notamment 26 cliniques spécialisées et sept centres de soutien pour trauma et stress opérationnels.