L'usine de Fortress de Thurso.

Le syndicat déplore l'attitude de la compagnie

Au lendemain de l'annonce par l'usine Fortress de Thurso de l'abolition de 22 postes syndiqués, le syndicat Unifor avait encore du mal à digérer la nouvelle.
La direction de la papetière a annoncé jeudi qu'elle abolirait 22 postes syndiqués permanents, une mesure qui se traduira par une perte d'emploi pour quatre ou cinq personnes. La majorité des postes abolis sont vacants et ne sera tout simplement pas comblé, a fait savoir le vice-président au développement des affaires chez Fortress Cellulose Spécialisée, Marco Veilleux.
Le représentant national pour la région de l'Outaouais au sein du syndicat Unifor, Carl Proulx, n'a pas mâché ses mots, vendredi, pour déplorer la décision de l'entreprise. Les branches syndicales affiliées à l'usine de Thurso ont été informées de la situation jeudi matin sans préavis. Les travailleurs ont appris la nouvelle en après-midi, alors que certaines abolitions seront effectives dès lundi.
« C'est un peu cavalier. S'ils nous avaient au moins laissés le temps de réagir ou de regarder les choses autrement, mais ce n'est pas le cas », peste M. Proulx.
Le conseiller syndical voit mal comment ces abolitions de postes auront un effet positif sur l'efficacité et la réduction de coûts. Rappelons que la direction de Fortress se justifie en affirmant que cette mesure s'inscrit dans un plan d'optimisation en vigueur depuis février dernier afin de faire face aux difficultés du marché de la pâte dissolvante.
« On décide de mettre quatre employés dehors pour les remplacer par quatre sous-traitants. Ils vont faire le même travail et se servir des mêmes équipements. Il n'y a pas de modernisation là-dedans et il n'y a rien d'efficace. On ne sait pas du tout ce qui motive cette décision », a affirmé M. Proulx.
Dans le camp d'Unifor, on évalue présentement les aspects légaux de la décision. M. Proulx soutient que la Commission des relations de travail du Québec sera mise au fait du dossier.