Le ras-le-bol s'intensifie chez les retraités de Papier Masson

Le niveau de patience des quelque 175 retraités de Papier Masson, dont le chèque de pension est amputé de 55 % depuis le 1er décembre 2012, a atteint son point culminant et ces derniers ont bien l'intention de le faire savoir publiquement au cours des prochains jours. Une série de manifestations est prévue la semaine prochaine devant l'usine White-Birch du secteur Masson-Angers.
« Ça va faire 21 mois et nous n'avons pas encore eu un cent. Tout le monde dort sur la switch, que ce soit la compagnie, le syndicat ou le juge Mongeon. On veut faire parler de nous et on veut savoir ce qui se passe. Les gars sont tannés », a dénoncé hier le président de l'Association d'information pour les retraités de Papier Masson, Gilles Jetté, en entrevue avec LeDroit.
Au moins une cinquantaine d'anciens travailleurs de l'usine de pâtes et papier occuperont les devants de l'établissement à compter de lundi matin dans le but de manifester leur mécontentement et leur impatience. Le député fédéral du Pontiac, le néo-démocrate Mathieu Ravignat, devrait accompagner les manifestants, au moins pour les premières heures du rassemblement. Un représentant du député provincial de Papineau sera également sur place. Les protestations pourraient s'étaler jusqu'à mercredi, a indiqué M. Jetté.
Les retraités sont toujours en attente de recevoir leur dû. Alors qu'une entente de principe avait été conclue entre le consortium Black-Diamond-White-Birch et le syndicat Unifor, en début d'année, un nouveau rebondissement est venu retarder le remboursement des prestations de retraite. Les employés à la retraite doivent encore aujourd'hui prendre leur mal en patience.
Dans un arrêt rendu en janvier en lien avec le dossier de faillite de la société ontarienne de fabrication de silicium Timminco, le juge Robert Mongeon a établi un rang prioritaire des créanciers à être remboursés en matière de régimes de retraite différent de celui qui avait été décidé en avril 2012 pour le cas White Birch. Black Diamond-White Birch refuse de payer tant que le juge Mongeon ne se prononcera pas à savoir si le jugement de l'affaire Timminco s'applique à son cas. Le magistrat devait initialement rendre une réponse en mai.
« Nous sommes rendus en août et le juge n'a toujours pas donné son verdict. C'est de surprise en surprise ce qui se passe dans cette histoire-là. Il faut que quelqu'un se réveille. Il y a de la méchante volonté », peste M. Jetté, qui a fait parvenir une lettre à Black-Diamond-White-Birch, il y a quelques semaines, afin de les informer que des manifestations auraient lieu prochainement.
La compagnie lui a fait parvenir à lui ainsi qu'à ses confrères une mise en demeure dans laquelle on met en garde le groupe de ne pas nuire au bon fonctionnement des opérations de l'usine de Masson.
De son côté le syndicat Unifor préfère ne pas se mouiller sur la suite des choses. « Plus personne n'ose se prononcer sur la prochaine étape. Le juge devait rendre sa décision en mai et ensuite en juin et maintenant c'est plein de suppositions. C'est tellement rendu compliqué », a affirmé le président de la section locale d'Unifor pour Masson, Richard Lahaie.