Emmanuel Raposo  était l'une des têtes dirigeantes du réseau.

Le projet Faste est clos

Une des plus importantes frappes antidrogue des dernières années en Outaouais a connu son dénouement, vendredi dernier, au palais de justice de Gatineau. Le projet Faste, mené il y a quatre ans aux quatre coins de la région par l'Escouade régionale mixte (ERM), vient de voir son dernier suspect plaider coupable et recevoir sa sentence.
Faste a permis le démantèlement du réseau dirigé par Robert Lalonde, Marc Loyer et Emmanuel Raposo, le 2 juin 2010. C'est justement le frère de ce dernier, Daniel Raposo, qui a marqué la fin de l'histoire, la semaine dernière.
L'homme de 42 ans a reçu une sentence de deux ans moins un jour à purger dans la communauté. La Couronne lui reproche d'avoir prêté main-forte à son frère, Emmanuel, dans ses activités illégales, en transportant avec lui la drogue et l'argent du crime.
Selon les autorités policières, le réseau a fait le commerce d'au moins 76 kilogrammes de cocaïne, pendant les 16 mois qu'a duré l'enquête. Daniel Raposo n'était pas un chef de file dans ce réseau, contrairement à son frère.
Dans les premiers instants suivant son arrestation, Daniel Raposo avait fait valoir qu'il n'était pas au courant de la nature criminelle des activités de son frère.
«Je dirais que c'est de l'aveuglement volontaire de votre part, a tranché le juge Richard Laflamme. Avec le nombre de rencontres auxquelles vous avez assisté, cela aurait dû vous faire comprendre la nature criminelle (de ces transactions).»
Des 23 personnes arrêtées en juin 2010, 16 ont été formellement accusées. Tous les 16 ont plaidé coupables, une note parfaite pour la Couronne.
Par ailleurs, le frère de l'accusé de 42 ans fait face à la déportation vers son pays d'origine, le Portugal. C'est du moins ce qui a été évoqué devant le juge.
Le rapport présentenciel de Daniel Raposo décrit une personne à qui la justice peut donner une chance. Père et conjoint, il occupe un emploi stable dans le domaine de la construction. Son sursis de deux ans lui permettra de poursuivre ses activités professionnelles, le jour, pour subvenir aux besoins familiaux. Il a plaidé coupable aux accusations de trafic de stupéfiants et de complot dans le but d'en faire le trafic.
Une série de conditions, incluant un couvre-feu, a été imposée par la cour.
Les faits reprochés à M. Raposo se sont produits entre le 2 octobre 2009 et le 27 mai 2010.
Il y a quatre ans, l'ERM a frappé à Gatineau et à Embrun, en Ontario. Les têtes dirigeantes de ce vaste réseau ont reçu des sentences de quatre à sept ans d'emprisonnement. D'autres ont reçu des sentences avec sursis ou d'un peu plus de deux ans en établissement carcéral.
Le réseau était proche des Black Noise et des Jokers, des clubs-écoles des Hells Angels. Le groupe avait des ramifications jusqu'à Fort-Coulonge, dans le Pontiac, Embrun, dans l'Est ontarien, et Montréal.
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