Quand on est une Glamotte, l'effet d'attraction se fait vite sentir. Les enfants accourent. Les câlins s'enchaînent à un rythme parfois effréné.

Le pouvoir des câlins

CHRONIQUE / J'attendais ce moment depuis longtemps. Mon rêve s'est enfin réalisé. J'ai incarné une Glamotte.
En 2008, la Commission de la capitale nationale n'avait rien voulu savoir de mon idée. «Question d'éthique», m'avait-on répondu en prétextant qu'il serait malhonnête que le public ne sache pas qu'une journaliste se cache sous le costume de cette grosse bête souriante.
Le Bal de neige relevant désormais de Patrimoine canadien, c'était l'occasion parfaite pour réitérer ma demande, qui fut enfin acceptée.
Question d'agrémenter l'expérience, j'ai quelque peu forcé la main à mon collègue Denis Gratton, qui avait incarné avec réticence Simon les crampons à mes côtés lors des Jeux du Québec de 2010.
Son air grognon fut rapidement dissimulé par la tête de Papa Glamotte. Avec l'aide de la coordonnatrice des bénévoles, Chantal Desrosiers, on a enfilé nos grosses bedaines et nos costumes. L'un des deux enfants de la célèbre famille, le garçon Noumi, allait nous accompagner dans cette aventure grâce à une étudiante de l'Université d'Ottawa, Vann Vateil Phlek, qui en était à sa deuxième expérience à titre de mascotte.
Tout est pensé pour éviter qu'un bout de peau ne dépasse: le foulard, les jambières, les mains à quatre doigts bien cachées dans les manches du manteau.
En sortant de la roulotte des Glamottes, un océan de blanc rend les déplacements difficiles, mais tout se règle rapidement en arrivant dans la zone où se trouvent les visiteurs du Domaine des flocons, au parc Jacques-Cartier.
L'effet d'attraction se fait vite sentir. Les enfants accourent. Les câlins, les high fives et les petits pas de danse s'enchaînent à un rythme parfois effréné. «Parce qu'on est en 2016», dirait Justin Trudeau, les parents immortalisent ces moments avec leurs téléphones intelligents.
Une petite puce est revenue une bonne quinzaine de fois réclamer un câlin à la Maman Glamotte que j'incarnais. Trois bouts de choux ont cependant versé de grosses larmes, juste en m'apercevant. J'avais le goût de leur faire un gros câlin réconfortant, mais je savais très bien que ça n'aurait fait qu'empirer la situation...
Chantal n'est jamais bien loin de la famille Glamotte, question de nous avertir si un enfant attend son tour, car notre champ de vision est assez limité. Certains plus vieux posent ouvertement des questions. Peut-on enlever la tête, pourquoi elle porte des bottes, qui est là-dedans? D'autres s'amusent allègrement avec les moustaches ou la queue des Glamottes, qui doivent demeurer silencieuses.
La règle à ne pas oublier: ne pas trop pencher la tête. La semaine dernière, Papa Glamotte a perdu la sienne. Devant des enfants. Une autre fois, une mascotte s'est accrochée et sa tête a fait un tour sur elle-même. Oups!
Heureusement, rien de gênant ne nous est arrivé, jeudi, en incarnant les Glamottes. Ce qui fut le plus gênant, c'est quand j'ai réalisé, de longues minutes après avoir enlevé ma tête de mascotte, que j'avais l'air d'une fille qui vient de se lever après avoir dormi avec les cheveux humides et détachés. Mais ça, les enfants ne l'ont pas vu. Fiou.