L'annonce de la position du parti fait suite au dépôt du rapport du comité Ouimet.

Le PLQ revendique la liberté totale de porter des signes religieux

Pas question d'interdire à qui que ce soit de porter des signes religieux, clame le Parti libéral du Québec dans sa nouvelle politique en matière de neutralité religieuse de l'État, rendue publique mardi par le chef du parti, Philippe Couillard.
Le PLQ persiste à affirmer qu'il faut faire une distinction très nette entre la neutralité religieuse de l'État et celle des individus. Car le fait pour un employé de l'État de porter un signe religieux pour exprimer sa croyance ne remet pas du tout en cause la neutralité religieuse de l'État, selon le parti.
L'absence d'interdit vaudrait aussi, avec un gouvernement libéral, pour les employés de l'État ayant un pouvoir coercitif: juges, policiers, gardiens de prison. Ceux qui portent un uniforme devraient demander un accommodement. L'autorité compétente devrait alors trancher si la demande est raisonnable ou non.
L'accouchement de la position du PLQ fut laborieux, sur fond de spéculations et de volte-face. De plus, il survient des mois après la publication de la charte de la laïcité du gouvernement et une semaine après le début de la consultation sur le projet de loi encadrant cette charte, sans compter qu'il a entraîné le départ lundi d'une des députées du caucus libéral, Fatima Houda-Pepin.
L'annonce de la position du parti fait suite au dépôt du rapport du comité Ouimet, ce groupe de travail chargé de définir la nouvelle politique du PLQ sur la laïcité de l'État, incluant le port de signes religieux, et la lutte à l'intégrisme. M. Couillard n'a cependant pas rendu public le rapport Ouimet. La position du PLQ sur cette question controversée tient donc en une page de communiqué de presse, accompagnée de quelques points saillants.
Reprenant à son compte l'essentiel du projet de loi 94 de l'ex-gouvernement Charest, le PLQ ne met qu'une seule limite au principe de liberté en matière de signes religieux: que le visage soit découvert.
Quelques exceptions: la burqa et le niqab, symboles vestimentaires de l'oppression des femmes en certains pays, seraient totalement bannis des bureaux gouvernementaux.
Quant au tchador, le parti révise encore une fois sa position en interdisant de le porter si on est une employée de l'État, même si ce long voile noir laisse le visage découvert.
Les libéraux se prononcent aussi pour le maintien en place du crucifix trônant derrière le trône de l'Assemblée nationale.