Philippe Couillard

Le PLQ ignore l'origine d'une somme de 428 000 $

Le Parti libéral du Québec (PLQ) n'a pas les moyens de faire la lumière sur une activité de financement de 428 000 $ qui n'apparaît pas dans ses états financiers, a déclaré mercredi le candidat Jean-Marc Fournier.
M. Fournier, candidat libéral dans Saint-Laurent, a expliqué que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) est la mieux placée pour découvrir où et comment cette somme a été amassée.
Selon M. Fournier, il ne faut pas douter de l'intérêt du PLQ à aller au fond des choses dans ses propres affaires.
«Les questions ont été posées, et en ce moment les moyens d'enquête dont disposent les policiers sont vraiment les moyens qui vont permettre d'aller au fond des choses, a-t-il dit lors d'un bref échange avec les journalistes. Les moyens que nous avons ne le permettent pas.»
Quelques minutes auparavant, lors d'une conférence de presse, le chef libéral Philippe Couillard s'en est lui aussi remis à l'UPAC concernant ce dossier, ouvert à la suite d'une première perquisition l'été dernier au siège du PLQ.
M. Couillard a déclaré qu'il avait demandé une deuxième fois aux responsables de son parti de faire des recherches à propos de la somme de 428 000 $, mentionnée dans des documents qui ont mené l'UPAC à perquisitionner les bureaux d'entreprises appartenant à Marc Bibeau, responsable du financement sous Jean Charest.
Comme pour la première demande, M. Couillard a été incapable d'obtenir des précisions au sujet de la somme ou de l'activité qui aurait pu permettre de l'amasser.
«J'ai demandé qu'on fasse la vérification de l'existence de cette activité dans les livres du parti, de l'existence de la somme dans les transactions financières du parti, a-t-il dit. Aux deux questions on m'a répondu qu'il n'y a pas "d'évidence" de l'activité elle-même ni des sommes mentionnées.»
Lors d'une conférence de presse, M. Couillard a affirmé qu'il n'avait pas cherché à obtenir plus d'informations auprès de M. Bibeau, dont il ignore s'il est encore membre du PLQ.
«M. Bibeau ne joue aucun rôle dans le parti actuellement. M. Bibeau n'est accusé de rien, n'est coupable de rien alors je vous enjoins à la prudence. Ceci dit, il y a une enquête qui est faite, qui est en cours et elle donnera ses résultats.»
M. Couillard a affirmé que les choses ont changé depuis son arrivée, sans pouvoir dire si le ménage était terminé au sein du PLQ.
«Il y a énormément de renouveau, moi je suis chef du PLQ depuis le 17 mars 2013, je ne joue pas dans le reality show du passé, je joue pour le présent et l'avenir», a-t-il dit.
Mardi, le Parti québécois a demandé au Directeur général des élections d'enquêter sur cette situation.
Plus tôt, M. Couillard a plaidé pour une relation «beaucoup plus adulte» entre le gouvernement du Québec et Montréal.
M. Couillard a donné l'exemple de la relation entre le gouvernement de l'Ontario et Toronto pour illustrer cette conception.
À la suite d'une rencontre avec le maire de Montréal, Denis Coderre, le chef libéral a répété son intention de changements législatifs à venir, la charte des municipalités, qui concerneraient spécifiquement Montréal pour élargir ses pouvoirs.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Coderre, M. Couillard n'a pas précisé quels seraient ces aménagements pour la métropole, mais il a assuré qu'il est «sur la même longueur d'ondes» que le maire de Montréal pour entreprendre un virage dans sa relation avec le gouvernement et les municipalités.
La caravane électorale libérale s'est arrêtée mercredi à l'hôtel de ville de Montréal, où M. Couillard fait brièvement campagne à la veille du débat des chefs télévisé jeudi.
Le chef libéral se préparera ensuite avec ses conseillers en prévision de cette deuxième joute avec ses adversaires. Il doit aussi participer à l'enregistrement d'une émission de télévision, mercredi.
Lors d'une première rencontre avec la presse, à l'intérieur de l'hôtel de ville, M. Couillard a fait un bilan de sa rencontre avec M. Coderre, qui lui a présenté ses demandes à l'occasion de la présente campagne électorale.
«À Toronto, il y a une relation qui est beaucoup plus adulte entre le gouvernement provincial de l'Ontario et la Ville de Toronto. C'est la même relation qu'on veut bâtir à Montréal, de disposer des outils de prise de décision dans les enjeux qui la concernent principalement, d'en rendre compte», a dit le chef libéral.