Philippe Couillard a promis de situer son cabinet dans la «zone paritaire», composée de 40 à 60% de femmes, s'il forme le gouvernement.

Le PLQ et la CAQ ne promettent pas un conseil des ministres paritaire

La question de la parité homme-femme en politique est revenue sous les feux de la rampe, samedi, en cette Journée internationale des femmes et en ce quatrième jour de la campagne électorale.
Le chef libéral, Philippe Couillard, ne s'est pas engagé pas à renouveler l'exploit de son prédécesseur Jean Charest, qui avait formé le premier conseil des ministres comptant un nombre égal d'hommes et de femmes de l'histoire du Québec.
Il a plutôt promis de situer son cabinet dans la «zone paritaire», composée de 40 à 60% de femmes, s'il forme le gouvernement.
«La zone paritaire, c'est ce qu'on retrouve dans tous les organismes, partout, c'est le 40-60 (pour cent), a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il était entouré de plusieurs de ses candidates. Ce n'est pas notre invention, c'est un concept qui est très fermement implanté partout.»
Il a reconnu que son parti compte moins de candidates en proportion que d'autres partis nationaux. Le Parti libéral du Québec (PLQ) présente une équipe composée de 275 de femmes, par rapport à 39% au Parti québécois (PQ) et 48% à Québec solidaire, selon la compilation effectuée par Radio-Canada vendredi.
À ce sujet, la Coalition avenir Québec (CAQ) traîne encore plus de la patte à 23 pour cent.
Son chef, François Legault, écarte l'idée d'un conseil des ministres paritaire.
Il a fait valoir que les députés devraient être sélectionnés d'abord et avant tout en fonction de leurs compétences.
Interrogé sur la difficulté de son parti à recruter des candidates, M. Legault a reconnu que cela «restait un défi». Il a ensuite soutenu que l'élection de Pauline Marois, qui est devenue en 2012 la première femme à diriger le gouvernement du Québec, permettrait à beaucoup de femmes de s'intéresser à la politique.
Le 8 mars a aussi servi de prétexte à la porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, pour s'attaquer aux politiques sociales de Pauline Marois. Selon elle, les politiques péquistes minent l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle a énuméré une liste des décisions du dernier gouvernement qui ont nui, selon elle, aux femmes: coupe dans l'aide aux plus démunies, hausse des tarifs en garderie, la charte «qui exclura du marché du travail de nombreuses femmes».
Les commissions scolaires
François Legault a ressorti, samedi, une promesse formulée lors de la campagne électorale de 2012: l'abolition des commissions scolaires. Selon lui, les directions d'école et les conseils d'établissement sont les mieux placés pour offrir les services directs aux élèves.
L'insistance des caquistes à abolir les commissions scolaires fait sourciller le leader libéral. «[Les commissions scolaires] sont une structure de proximité, notamment dans les régions. M. Legault manque de sensibilité envers la réalité régionale», a-t-il dit.
Le chef de la CAQ a toutefois abandonné deux éléments importants du volet éducation de son programme. Le parti renonce en effet à majorer le salaire des enseignants et à promouvoir l'idée d'un horaire de 9 h à 17 h dans les écoles.
François Legault estime ne pas disposer de la «marge de manoeuvre» nécessaire sur le plan financier pour respecter ces deux engagements. En entrevue avec La Presse Canadienne, au jour un de la campagne, il avait expliqué que le gouvernement n'en avait tout simplement plus les moyens en raison de la précarité des finances publiques.
L'entrée des fédéraux
L'entrée éventuelle de politiciens fédéraux dans la campagne a fait bondir des ministres péquistes, qui ont formulé des mises en garde.
Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, a averti les politiciens fédéraux que les Québécois ne seraient pas dupes de leurs interventions.
D'après M. Lisée, les électeurs sont immunisés contre les promesses qui pourraient venir des partis fédéraux car, trop souvent dans le passé, elles n'ont pas été réalisées, notamment après le dernier référendum sur la souveraineté du Québec.
«Des ministres fédéraux ont organisé un grand love fest à Montréal et ensuite rien ne s'est passé, aucune des promesses n'a été satisfaite, il n'y a pas eu plus d'autonomie pour le Québec, a-t-il affirmé. Les Québécois ont développé des anticorps face aux interventions que les leaders des autres provinces et du Canada peuvent faire.»