La libérale Maryse Gaudreault affirme que son parti appuie sans hésitation le projet de faculté satellite de médecine en Outaouais.

Le PLQ autoriserait le hijab dans la police

Le Parti libéral du Québec (PLQ) permettrait le port du hijab aux policières, confirme la députée libérale sortante dans Hull, Maryse Gaudreault.
« Nous ne voulons pas bannir le port de signes religieux ostentatoires dans la fonction publique ni pour les personnes en position d'autorité, a-t-elle affirmé au Droit. En affirmant ça, nécessairement, ça veut dire qu'on laisse le choix aux dirigeants des services de police de prendre la décision. Ça relève d'eux, l'État n'a pas à se mêler de cette question. Si le Service de police de la Ville de Gatineau embauche une policière qui porte un signe religieux ostentatoire, ce n'est pas à moi de décider si c'est possible ou non. »
Mme Gaudreault a été encore plus claire sur la position de son parti lors d'une entrevue accordée plus tôt dans la journée, vendredi, au 104,7 FM. Questionnée quant à la possibilité de permettre le port du hijab à une policière qui l'exigerait, Mme Gaudreault a déclaré « oui, elle pourra porter un hijab ».
Les affirmations de la députée sortante dans Hull ont rapidement fait le tour du Québec. En clarifiant ainsi la position de son parti sur cette épineuse question, Mme Gaudreault a été beaucoup plus précise que son chef, Philippe Couillard, qui avait jusqu'ici évité de répondre aussi clairement à la même question lors des débats télévisés.
M. Couillard a été interpellé, plus tard dans la journée, sur la position prise par Mme Gaudreault. Il a indiqué que la députée sortante dans Hull était allée « au bout de la démarche qui est hypothétique ». « La meilleure façon de traiter ces questions-là, c'est par les décisions des autorités compétentes et surtout pas en légiférant sur les libertés, sur des situations qui n'existent pas en réalité », a-t-il ajouté.
Maryse Gaudreault précise qu'il reviendrait à la direction du SPVG de gérer la demande d'une femme policière qui voudrait porter le hijab. « Le PLQ, le gouvernement du Québec n'ont pas à se mêler de ça, a-t-elle dit. Ce sera à la Ville de Gatineau, c'est de juridiction municipale. Nous, nous ne voulons pas bannir le port de signes religieux dans l'administration publique. »
Bien des réactions
Les réactions du syndicat et de la direction du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) sur cette déclaration étaient plus que prudentes, vendredi. La responsable des communications du SPVG, Mariane Leduc, a mentionné que le service n'avait « jamais eu à se pencher » sur une telle question. « Notre principale directive est de suivre la Loi sur la police. »
Même son de cloche du côté du président de la Fraternité des policiers de Gatineau, Jean-Pierre Bussière. « Nous n'avons jamais eu à nous prononcer là-dessus, puisqu'aucune embauche impliquant (le port de signes religieux comme le turban ou le hijab) n'a nécessité une telle réflexion. »
M. Bussière dit vouloir éviter de prendre une décision trop rapide sur le port du hijab ou de tout signe religieux dans le cadre du travail des policiers. Il n'existe pas d'article, dans la convention collective des policiers de Gatineau, qui encadre le port d'un tel vêtement.  « On ne peut pas écarter la reconnaissance de la Charte des droits et libertés. Pour le moment, je dirais que nous ne sommes pas pour, pas contre », a ajouté le président syndical.
Par le passé, la Gendarmerie royale du Canada a donné le droit aux sikhs de porter le turban. Des retraités de la GRC ont contesté cette décision devant la Cour fédérale, qui les a déboutés, et la Cour suprême a refusé d'entendre l'affaire. Les corps de police ne sont pas obligés, par la loi, de permettre le port du turban.
Avec Louis-Denis Ebacher