Maxime Gauld et Tristan Arnaud, du Petit Chicago.

Le Petit Chicago: 10 ans de sueurs

Le Petit Chicago célèbre en grand ses 10 ans d'existence, ce samedi 5 avril, à l'occasion d'un «party royal», clin d'oeil au portrait officiel de la reine Élizabeth qui trône au-dessus du bar depuis des lustres.
Depuis une décennie, l'endroit se targue de proposer la programmation culturelle la plus dynamique et variée du Vieux-Hull. Il mise sur des activités récurrentes en semaine et sur un spectacle musical de plus grande envergure chaque samedi.
La grosse différence avec les autres bars, c'est qu'«ici, il y a des événements tous les soirs», s'enorgueillit le gérant Tristan Arnaud. Comme pour lui donner raison, un lancement de livre y a lieu le matin même où LeDroit est sur place et un spectacle de jazz est prévu en soirée.
Quand Maxime Gauld a ouvert la place, «à part les lundis mélomanes Aux 4 jeudis, et quelques shows ponctuels, il n'y avait pas de réelle scène culturelle dans le quartier». Le fondateur des lieux a revendu l'établissement il y a cinq ans, «après avoir organisé 900 spectacles».
Depuis, le bar continue de porter ce flambeau musical. Récemment, l'établissement accueillait We Are Wolves et un tout premier cabaret burlesque. «L'an dernier, on a eu Half Moon Run, au moment où le groupe décollait. Cette année, il vient de remplir la salle Odyssée», rappelle tout sourire Tristan Arnaud.
Plusieurs artistes locaux se sont produits ici, dont D-Track, l'électro-kletzmeriste SoCalled ou le Souljazz Orchestra. Fred Fortin, Gros Méné, Vulgaires Machins, Grimskunk ou Caiman Fu ont aussi fait vibrer la place. C'est ans oublier la chanteuse jazz Brandi Disterheft, lauréate d'un Juno en 2008, le DJ Ghislain Poirier et le rappeur Boogat. Ce printemps, sa scène aussi attend Monogrenade, Random Recipe, le Alaclair Ensemble, Mad'Moizèle Giraf, Gabriella Hook, Bob Bissonnette, La Bronze et Mehdi Cayenne Club, entre autres.
L'effort est d'autant plus louable qu'«on ne fait pas une cenne en programmant des bands», soutient M. Arnaud.
Les gens qui assistent à un concert consomment assez peu, alors qu'un événement festif, comme «une soirée karaoké ou un DJ» est infiniment plus lucrative, poursuit le gérant.
À l'image des autres bars du secteur, le gérant n'offre pas de cachet aux artistes; ces derniers imposent plutôt un coût d'entrée, qui leur revient en totalité.
Des activités peu rentables
L'activité de diffusion est encore moins rentable si l'on tient compte du temps que le gérant consacre à la planification de la programmation, sa gestion et aux efforts promotionnels. Mais il se félicite d'avoir pu créer certaines passerelles entre ses réseaux et le Festival de l'Outaouais émergent: Bernard Adamus et Canailles, par exemple, ont été programmés au Petit Chicago avant d'être réinvités au FOÉ.
En semaine, les soirées latino, jazz, blues ou jazz manouche succèdent aux soirées jeu-questionnaire ou aux FAU mardis, où s'exprime le collectif en arts médiatiques. Pourtant, à cause de sa situation géographique, sur la rue Principale, légèrement en retrait des autres bars de la rue Laval, Le Petit Chicago continue de se sentir marginal, après 10 ans d'existence.
«On est un peu le bar hipster du coin. En ce moment, ce sont les soirées quizz et les karaokés qui marchent très fort. Mais ce sont des vagues : ça dure six mois, puis l'engouement disparaît d'un seul coup. Il faut alors renouveler les propositions. C'est le fun, mais c'est fatigant aussi», dit Tristan Arnaud, fataliste.