Le périlleux débat sur l'intégrité

Je ne m'attendais pas à voir un tel dégât dans le camp péquiste en écrivant que Pauline Marois s'aventurait en terrain miné avec son offensive sur le front de l'intégrité.
C'est François Legault qui a mis le feu aux poudres. Il a révélé que pendant toutes ses années au Parti québécois, les élus devaient respecter des «quotas» de fonds à amasser. Des «quotas» variant entre 10000$ et 80000$. Quatre-vingt mille$, c'est presque l'équivalent des 100000$ exigés des ministres libéraux sous Jean Charest. Une pratique maintes fois dénoncée par Pauline Marois.
Mercredi, Mme Marois a nié l'existence de tels «quotas» dans son parti. Elle a déclaré qu'il s'agissait «d'objectifs»... Bel effort de sémantique, mais pas très convaincant. Vous voyez une différence entre des «quotas» et des «objectifs» quand un policier remet une contravention parce qu'il a un certain nombre de tickets à émettre pour satisfaire ses patrons? Pas moi.
François Legault a été très précis. Pendant les campagnes de financement du PQ, les députés qui n'atteignaient pas leur objectif devaient s'en expliquer à la permanence du parti. «Presqu'à chaque caucus pendant la période de financement, a-t-il ajouté, on amenait la liste (des sommes recueillies) avec un rang. Et évidemment, on essayait de faire honte à ceux qui étaient dans le bas de la liste.»
Il est surprenant de voir le chef de la CAQ faire cette révélation aussi tardivement, alors que la question fait l'objet de controverses depuis des années. Il est tout aussi surprenant d'entendre M. Legault revenir sur ses propos de la veille et annoncer qu'il dévoilera tous ses actifs et ceux de son épouse, comme l'a proposé le libéral Philippe Couillard.
À 36 heures du débat de TVA, son revirement isole Pauline Marois. M. Legault et Mme Marois ne sont pas des amis depuis qu'il lui a préféré Bernard Landry pour succéder à Lucien Bouchard.
Tuile au PQ
La sortie de François Legault est une tuile pour le PQ. La visite de l'UPAC en est une autre. Pauline Marois voulait parler de culture mercredi matin. Elle a dû consacrer tout son point de presse à défendre son silence sur cette visite des enquêteurs à la permanence du Parti québécois en février. Pourquoi un tel mutisme, après avoir critiqué les libéraux pour un comportement similaire l'été dernier?
Mme Marois est sur la défensive. Ses explications sur le financement du PQ n'ont même pas rassuré son ancien collègue Jean-Pierre Charbonneau. Il a déclaré mercredi que les trois partis à l'Assemblée nationale «avaient été victimes» de financement occulte, et qu'ils avaient tous «joué dans le même film». Des victimes? Vraiment?
Recyclage de Boisclair
Pauline Marois a dû expliquer mercredi pourquoi André Boisclair n'a pas de bureau à Montréal, alors que le décret annonçant sa nomination à la présidence de COMEX spécifiait qu'il travaillerait «au bureau du comité à Montréal».
Elle a osé dire que mon collègue Jean-Marc Salvet n'avait pas posé la question... Come on! Je travaille dans le même bureau que Salvet. Il a posé la question au téléphone et par écrit à plusieurs reprises. On lui a répondu par écrit... que le COMEX n'a pas de bureau à Montréal, qu'il faut appeler Boisclair à la maison pour lui parler mais qu'il ne parle pas, et qu'on ne donnera pas son numéro.
Alors où donc travaille André Boisclair puisqu'il ne vient jamais ou presque à Québec?
À Recyc-Québec, a finalement découvert Mme Marois. À 175000$ par année, il fallait bien le recycler quelque part. Mais est-il vraiment là? Si oui, pourquoi ne pas en avoir informé plus tôt le siège social de COMEX à Québec?
Pourrait-il donner signe de vie? Un numéro de téléphone, une adresse courriel, une carte d'affaires? Ce serait sympathique.