La pétition appuyant la campagne «Protégeons le parc de la Gatineau, ensemble» a récemment franchi la barre des 5000 signatures.

Le parc de la Gatineau revient aux Communes

Applaudi par certains, critiqué par d'autres, le projet de loi C-565 de la députée néo-démocrate de Hull-Aylmer Nycole Turmel visant à s'assurer de la préservation du parc de la Gatineau sera finalement débattu en deuxième lecture aujourd'hui aux Communes.
«Lors de mes consultations, j'ai pu constater à quel point les gens de la région ont à coeur la protection du parc de la Gatineau. Pourtant, il est le seul parc fédéral ne disposant pas d'un statut légal. Ses frontières ne sont enchâssées dans aucune loi. C'est une aberration», déplore l'instigatrice du projet de loi.
La pétition appuyant la campagne «Protégeons le parc de la Gatineau, ensemble» a récemment franchi la barre des 5000 signatures.
Mme Turmel rappelle que le parc, qu'elle qualifie de «trésor national», est l'un des plus visités au pays et qu'il génère des retombées économiques importantes pour la région de l'Outaouais. L'endroit abriterait également plus de 50 espèces animales et 90 plantes en péril.
S'il est adopté par le gouvernement, le projet de loi C-565 permettrait de doter le parc de la Gatineau de protections semblables à celles dont disposent les parcs nationaux, par exemple en statuant sur les frontières du parc, en donnant à ces frontières une protection parlementaire et en interdisant la vente des terrains publics qui le compose.
L'initiative est soutenue, entre autres, par le Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais et Nature Québec.
Cible de certaines critiques
De son côté, le Comité pour la protection du parc de la Gatineau, qui a vertement critiqué le projet de loi ces derniers mois en le qualifiant de «fouillis législatif», est revenu à la charge hier, martelant que le site ne risque que de continuer à mourir à petit feu si les députés votent en faveur de cette loi.
«Cette mesure est sans l'ombre d'un doute la pire jamais déposée au sujet du parc de la Gatineau. À moins d'être convenablement modifié, ce projet de loi permettra aux projets immobiliers et aux retranchements territoriaux de continuer à saper l'intégrité écologique du parc et le gouvernement fédéral pourra toujours changer les limites du parc à huis clos», soutient le secrétaire de l'organisme, Jean-Paul Murray.