Le «mur d'énergie» de Jérôme Couture

Si les gens ne sont pas debout à la fin du spectacle, ce n'est pas parce qu'ils s'ennuient, mais bien «parce qu'ils ont vraiment mal aux jambes» d'avoir trop dansé, affirme l'auteur-compositeur-interprète Jérôme Couture. On en aura la preuve lundi, au Festival western de Saint-André-Avellin, où le dynamique finaliste de la première saison de l'émission de La Voix viendra défendre son tout premier disque - un éponyme qui trône au palmarès des ventes au Canada depuis sa parution, le 30avril dernier.
Il débarque en formation drum-basse-claviers-guitare, entouré de quatre musiciens dont il se dit «très proche». «J'ai la chance d'avoir un band extraordinaire. Ce sont des gars qui s'impliquent, qui ont le sens du spectacle, ça donne vraiment un feeling de groupe. [...] On est un mur d'énergie et le show est le fun à voir!» avance-t-il, plein d'entrain tout au long d'une entrevue téléphonique d'où l'expression «c'est le fun» surgira à peu près douze fois.
Une euphorie liée au fait qu'il est «très content de tout ce qui arrive». Sa nouvelle notoriété lui permet de tourner tout l'été à travers la province, que ce soit avec ses musiciens ou en partageant la scène avec son coach de La Voix, Marc Dupré. Ce qu'il fera par exemple le 31août, au Festival de montgolfières de Gatineau, en compagnie d'autres invités issus de l'émission de télé-crochet, dont la Gatinoise Renée Wilkin.
Dix ans de labeur
«C'est trippant de pouvoir se promener, et que les gens soient au rendez-vous» aux spectacles, s'émerveille celui dont le parcours, malgré les apparences, n'a rien de celui de l'idole instantanée. Il a roulé sa bosse pendant 10 ans, réussissant à vivre de «la» musique - mais pas de «sa» musique.
Il a fait ses premiers pas dans le chant a cappella, a étudié le jazz, avant de participer à moult revues musicales, d'Elvis Story à Les Misérables en passant par Oh Boy! (avec Martin Léon et Matt Laurent) et De Willy à Dolly, la production country signée Québec Issime. Il a aussi été chanteur maison pour l'émission radio-canadienne Pour le plaisir, et a même tenté de lancer un disque, mais ce projet a avorté.
Supervisé par Marc Dupré, le disque post-La Voix n'est donc qu'une des multiples facettes artistiques de Jérôme Couture. «J'ai fait beaucoup de choses avant», euphémise humblement le quasi trentenaire (il franchira le cap en août), «alors oui, ce n'est qu'une facette... mais c'est celle que j'ai envie de montrer aux gens et de développer.» Tout comme un cuisinier a tendance à vouloir «se spécialiser, même s'il est bon un peu dans tout», pour sa carrière solo, il a «envie de faire de la musique qui bouge, qui groove, qui rock. C'est pas mal ce que je présente - et ce que j'ai aussi présenté à La Voix ».
Jeu de jambes
La réputation de ses déhanchés n'est pas usurpée. «Sur scène, je m'amuse: j'aime danser, [au point que] certains pensent que c'est calculé, que je prends des cours de danse. Non! La scène est pour moi un exutoire complet. J'oublie le stress de la réalité et je m'éclate. J'aime mettre le party dans la place et si je peux le faire avec mes chansons, j'en suis très heureux. C'est en tout cas le but de mon album», indique celui qui, paradoxalement, a longtemps boudé les émissions de télé-crochet.
Sur les réseaux sociaux - auxquels Jérôme Couture participe peu, préférant de loin les rencontres et les relations les yeux dans les yeux: à l'issue de chaque représentation, il met un point d'honneur «à signer et jaser avec le monde pendant au moins une heure» - son public semble essentiellement féminin.
Mais «en réalité, un peu tout le monde vient: des gars, des jeunes filles, des madames, et c'est ça qui est le fun. C'est peut-être un plaisir coupable pour certains, à cause de ce que je représente [un jeune homme qui doit une large part de son succès à la télévision, NDLR], mais je suis fier de ce que je fais sur scène: ça groove, ça rocke, et la plupart des gars qui viennent nous voir en show me disent qu'ils ont trouvé ça très cool.»
Il promet «plein de solos» de guitare: «Je joue de la guitare électrique et acoustique, on se déhanche et je saute partout pour faire embarquer les gens. Il n'y a pas plus de deux ou trois ballades». En marge de son matériel, il prépare «des reprises un peu plus rock», dont quelques chansons empruntées à Elvis. «Et puisqu'on est dans un festival country, je vais peut-être faire quelques clins d'oeil country», glisse-t-il.
Le Festival western de Saint-André-Avellin se poursuit jusqu'au 27juillet. Jérôme Couture reviendra fouler en solo les planches de la Maison de la culture de la Vallée de la Gatineau, à Maniwaki, le 20février 2015.
Ybergeras@ledroit.com
OÙ? Festival western de Saint-André-Avellin
QUAND? 21juillet, 20h30
RENSEIGNEMENTS? (819) 983-1166 ;
www.rodeostandreavellin.org