Le monde perdu, de Daran

Après avoir signé des compositions pour Christophe Miossec, c'est au tour du Brestois d'écrire la chanson-titre du nouvel album de Daran, Le monde perdu, certainement la plus réussie.
Formellement, ce huitième album studio (qui sortira mardi prochain) délaisse les tentations rock pour mettre au jour des chansons sobres et acoustiques, près du coeur et de l'essentiel.
L'équation guitare/voix/harmonica réserve des mélodies parfois atones, mais irrésistiblement attachantes.
Dans cet écrin dépouillé, la voix est vacillante et l'écriture, une confession. Lui qui se dit «pas plus poète que chauffeur de taxi» se démène comme un beau diable contre la solitude (L'exil), conjugue l'amour au présent (Valentine's dead) et au passé (Le monde perdu). À croire qu'à l'approche de la soixantaine, l'artiste est arrivé à un point charnière de son existence, peut-être aussi de sa carrière.
«Comme aujourd'hui je n'ai plus vraiment à rendre de comptes sur mes choix artistiques, je l'ai fait», annonce-t-il. Daran a choisi de ne plus se défiler, et ça s'entend.