PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE --- Portrait de la chanteuse Renee Wilkin dans le cadre du lancement de son premier album. -30- reference #: 775886

Le groove de Renée Wilkin, soul grave

Depuis La Voix, bien des choses ont changé pour Renée Wilkin. La première - et assurément la plus signifiante? «Aujourd'hui, je ne fais que chanter pour gagner ma vie. Ça ne rend pas nécessairement la conciliation travail-famille moins compliquée, mais ça lui donne tout son sens!» lance gaiement la Gatinoise d'origine.
La chanteuse n'a résolument pas chômé depuis la finale de La Voix à laquelle elle prenait part en avril 2014, en tant que représentante de l'équipe de Marc Dupré.
«J'ai tout de suite été prise en charge par Marc, après l'émission. Je n'ai donc pas eu à m'inquiéter pour la suite des choses, à me demander ce qui allait m'arriver. J'ai fait partie de sa tournée de festivals, l'été dernier, puis j'ai assumé la première partie de son spectacle en salles.»
À travers tout ça, son coach et elle géraient aussi un autre projet ensemble: son tout premier disque lancé officiellement vendredi.
«Marc me connaissait, mais il ne savait pas ce que je valais comme auteure et compositrice. On a décidé de prendre notre temps, sans se mettre de pression, parce que je ne voulais surtout pas arriver avec quelque chose qui ne me ressemble pas et donner l'impression de vouloir seulement profiter de la visibilité que j'ai eue à La Voix», fait valoir celle qui cosigne les textes et paroles de cinq des 11 titres gravés sur L'amour, la guerre.
Au-delà des ballades
Sur cette première offrande, la femme de 26 ans voulait d'abord et avant tout faire entendre les autres facettes de ses cordes vocales. «À la télé, les gens m'ont surtout entendu interpréter des ballades. Je voulais donc montrer un côté plus jeune, qui groove.»
Un côté femme affirmée, aussi, que ce soit par la chanson titre ou encore Give Me Back My Heart, deux pièces auxquelles elle a contribué.
Ce faisant, elle tenait à marier l'esprit pop de Marc Dupré à son côté soul à elle. Et à chanter en français surtout, que ce soit dans ses propres mots (Être libre, «qui a donné le ton à l'album») ou en prêtant voix à ceux des autres. Pour les accompagner dans le processus, ils se sont tournés vers le parolier Nelson Minville (qui a collaboré à huit textes, dont le premier extrait Nos derniers pas) et le réalisateur Gautier Marinof, avec qui «ç'a vraiment cliqué».
Créer son propre son
Car une chose était claire, pour Renée Wilkin: elle voulait mettre sa touche à chaque pièce.
À preuve, Danser dans tes pensées découle de vocalises enregistrées sur une mélodie de Sylvain Quesnel.
«Je chantais n'importe quoi, ce n'était même pas des mots, mais il a senti une émotivité particulière dans ma voix quand Nelson a écouté la bande. Il m'a alors demandé s'il pouvait évoquer mon père dans le texte que la musique lui inspirait. Je ne savais pas à quoi m'attendre et quand Marc a reçu la chanson, il m'a prévenue que j'allais être émue... Je t'en parle et j'ai encore la chair de poule! C'est tellement pour des moments comme ça que je chante!»
«Je voudrais remonter le temps/Te garder vivant/Te savoir debout/Te raconter ma vie/Dire où j'en suis/Te voir surtout», livre-t-elle, le coeur dans la voix, s'adressant à son père qui s'est suicidé alors qu'elle avait neuf ans.
Ce besoin viscéral de chanter, elle se réjouit de pouvoir aujourd'hui le partager avec autant de gens.
«Depuis La Voix, le public est là et, maintenant, il m'écoute. Ça fait toute la différence, pour n'importe quel artiste. En tout cas, ça donne un sens à mes horaires éclectiques, au travail accompli et à celui qu'il reste à faire.»
Car si elle continuera à assurer les premières parties de Marc Dupré cet automne (incluant le 19 septembre, au Centre des arts Shenkman), Renée Wilkin prépare sa propre tournée, pour le printemps 2016. Un arrêt est prévu à Gatineau, le 31 mars prochain.
Pour y aller
Où? Maison de la culture de Gatineau
Quand? Le 31 mars, 20h
Renseignements: 819-243-2525; salleodyssee.ca