Annie Blanchard livre un troisième album où elle assume clairement ses racines folks.

Le folk «assumé» d'Annie Blanchard

Annie Blanchard avait envie de lumière pour son troisième album, y compris lorsqu'elle chante la rupture et le deuil.
«Il y a de l'espoir partout, sur ce disque, se réjouit l'Acadienne. Une chanson comme Je vous vois encore mieux' je l'ai moi-même reçu comme un baume quand elle est arrivée, à la suite du décès du père de mon chum et d'un autre proche que j'ai perdu à une semaine d'intervalle, en 2012...»
«Sur la musique de vos voix qui tremblent/C'est loin d'être comme tous les adieux», chante Annie Blanchard sur ladite pièce.
«Partir entouré de l'amour des siens, il y a quelque chose de réconfortant dans ça, je trouve...» renchérit-elle en entrevue.
Avant de livrer cet album homonyme, qui arrive trois ans après Marcher vers le nord, l'ex-académicienne a vraiment pris son temps pour en peaufiner les ambiances avec ses complices de scène Louis-Philippe Quesnel et Jean-Philippe Lagueux. Car si elle savait vouloir traiter de l'amour à différentes étapes de la vie (notamment par le biais des textes de Nelson Minville, Steve Marin et Alexandre Poulin), encore lui fallait-il «trouver [s] on son».
«J'avais installé des accents folks sur mes deux premiers disques. Avec ce troisième, je voulais les assumer complètement, en offrant des sonorités très 2014 dans lesquelles on peut néanmoins entendre ici et là une touche de Joni Mitchell ou de Band On The Run de Paul McCartney. C'est pour ça que les guitares sont plus présentes», soutient-elle.
Côtoyer Renée Martel, qu'elle a accompagnée en tournée au cours des trois dernières années, a également permis à Annie Blanchard de s'inspirer de l'univers plus folk de la grande dame du country. Ainsi que des nombreuses heures passées avec ses deux musiciens à écouter Mitchell, Ray Lamontagne et Sheryl Crow.
«C'est un album qu'on a créé en grande partie sur la route, parce qu'on a pu écouter beaucoup de musique ensemble. Et parce qu'on a pu écrire et composer dans la van.»
La scène et la voiture ayant servi de laboratoire, «quand est venu le temps d'entrer en studio, on savait ce qu'on voulait!» Le trio avait aussi en tête le prochain spectacle, acoustique et intimiste. «J'ai besoin de voir les yeux des gens quand je me retrouve devant eux», explique celle qui ne se voit plus monter sur les planches du Centre Bell.
L'interprète d'Évangéline ne regrette pas pour autant sa participation à Star Académie, en 2005.
«Des émissions comme Star Académie et La Voix représentent un très beau tremplin. Mais elles n'ont rien à voir avec la réalité, tient-elle à rappeler. Quand elles sont finies, il faut accepter de retourner en bas de l'échelle pour ensuite la remonter un barreau à la fois, ne serait-ce que pour se trouver en tant qu'artiste et pour se souvenir des raisons pour lesquelles on chante.»
Sur la piste de ses modèles Renée Martel et Laurence Jalbert, Annie Blanchard entend donc faire la preuve que travail et volonté demeurent des outils essentiels pour durer dans le métier.