Témoignant devant un comité parlementaire jeudi, Marc Mayrand a déposé 16 pages de propositions de modifications au projet de loi qu'il a décrit comme «la plus vaste réforme de la Loi électorale du Canada depuis sa refonte complète en 2000».

Le DGE taille en pièces le projet de réforme électorale

Le directeur général des élections du Canada (DGE) a littéralement taillé en pièces la réforme électorale du gouvernement Harper.
Lors de son témoignage en comité parlementaire, jeudi, Marc Mayrand a dressé la longue liste des problèmes qu'il constate avec le projet de loi C-23 sur l'intégrité des élections. Il a d'ailleurs confectionné un tableau de plusieurs pages pour détailler toutes les améliorations qui pourraient, selon lui, être apportées à C-23.
Le DGE s'inscrit notamment en faux avec la prétention des conservateurs selon laquelle les nombreux cas de fraude électorale doivent mener à l'abolition du système par lequel une personne sert de répondant à une autre pour fins d'identification, et aussi l'usage des cartes d'identification des électeurs.
M. Mayrand a fait valoir en comité qu'aucune preuve de fraude n'a été documentée et que ces décisions priveront de nombreux citoyens de leur droit de vote.
Il indique que la pire menace à notre démocratie est la faible participation électorale, et non pas la fraude.
Le DGE a aussi déploré les dispositions du projet de loi qui limitent de façon significative son droit de communiquer avec les citoyens.
Et il rappelle qu'une suggestion de longue date, celle de donner le pouvoir à l'enquêteur de contraindre le témoignage de personnes impliquées dans des dossiers de fraude, a été écartée.
Il s'inquiète de plus des modifications effectuées aux règles de divulgation des dépenses électorales qui pourraient mener à des abus.
Les partis d'opposition dénoncent depuis le début les modifications que le gouvernement cherche à apporter au système électoral canadien. Ils croient que les conservateurs tentent de changer les règles pour piper les dés en leur faveur.