Le dégel pourrait être brutal et causer des inondations

Le dégel de la rivière des Outaouais et de ses affluents pourrait être brutal et provoquer des inondations, ce printemps.
Selon le porte-parole de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, Roch Bérubé, le dégel des rivières de la région est très en retard, comparativement à la normale. Les autorités surveillent de près la météo afin d'être prêtes à réagir si une hausse marquée de la température survient.
En temps normal, les rivières Rideau, Nation-Sud et Mississippi sont libres de glace et atteignent leur niveau maximal lors de la première semaine d'avril. Les principaux affluents québécois (Gatineau, Lièvre, Dumoine, Coulonge,etc.) suivent quelques semaines plus tard, tandis que l'Outaouais supérieur dégèle environ un mois plus tard. Mais cette année, l'hiver a été plus froid que la normale et la neige recouvre encore toutes les régions, incluant les plaines de l'Est de l'Ontario.
«Nous surveillons les prévisions météorologiques de près, car si la température monte en flèche, le dégel pourrait être rapide. Nous avons déjà connu une situation semblable dans le passé. Si nous avons beaucoup de soleil et que la température monte aux alentours de 6 degrés Celsius le jour, mais redescend à moins 3 degrés la nuit, la fonte sera assez graduelle. Mais si on a beaucoup de pluie, ou des journées où il fait 20 degrés, comme ça s'est déjà produit dans le passé, ce sera très différent», explique M. Bérubé.
La nature a le dernier mot
En prévision de la crue des eaux, les gestionnaires des principaux barrages du bassin de l'Outaouais (Hydro-Québec et Ontario Power Generation) vident les grands réservoirs, afin que ceux-ci puissent accumuler de grandes quantités d'eau au printemps et contrôler le débit de la rivière, afin de prévenir les inondations en aval, principalement dans la région de Montréal. Malgré la présence de nombreux barrages sur l'Outaouais et ses principaux affluents, la nature a toujours le dernier mot.
«Les barrages ne contrôlent que 40% du bassin et, en aval des réservoirs Témiscamingue, Baskatong (la Gatineau) et Poisson Blanc (du Lièvre), les barrages sont au fil de l'eau et l'écoulement est naturel. Si le dégel est rapide, on va gérer la crue des eaux, mais on ne pourra pas l'empêcher», dit M. Bérubé.