Les bureaux de l'Alliance autochtone du Québec dans le secteur Hull.

Le compte bancaire de l'AAQ toujours bloqué

Le compte bancaire de l'Alliance autochtone du Québec (AAQ) est toujours bloqué et la situation ne semble pas sur le point de se régler, alors que des avocats sont maintenant de la partie.
Le 9 décembre dernier, LeDroit révélait que le compte bancaire de l'AAQ - dont le siège social est situé à Gatineau - était gelé et que des employés avaient été renvoyés à la maison. À l'époque, le président et grand chef, Robert Bertrand, affirmait s'attendre à ce que le conflit soit résolu et avait invité tout le monde à reprendre leurs fonctions.
Mais l'organisme, qui est notamment responsable des vérifications généalogiques des autochtones du Québec et de l'émission de subventions pour le logement dans les réserves amérindiennes de la province, est toujours en crise.
Un bras de fer est en cours entre des membres du conseil d'administration et Robert Bertrand, après la démission et le retour en poste de ce dernier.
M. Bertrand estime avoir l'appui de son c.a., tandis que d'autres allèguent qu'il n'a pas la légitimité nécessaire pour occuper ses fonctions puisque le nombre d'élus qui le supporte ne serait pas suffisant.
En novembre dernier, selon nos informations, le président et grand chef Robert Bertrand avait averti les employés de l'AAQ qu'ils seraient payés, bien qu'ils soient restés à la maison. Cette promesse n'avait toutefois toujours pas été remplie à la fin de décembre, les employés n'ayant reçu aucune paye depuis que le compte bancaire de l'AAQ a été gelé.
Rencontre infructueuse
Peu de temps avant les Fêtes, M. Bertrand a voulu régler cette situation en demandant aux signataires du compte (la secrétaire du conseil d'administration, Carole Romain, et la trésorière, Claudette Lyrette) d'approuver cette dépense en signant un document envoyé à leur résidence du Pontiac par courrier express. Mme s Romain et Lyrette font partie des membres du conseil d'administration de l'AAQ qui ont réclamé le gel du compte de banque jusqu'à ce que le statut de Robert Bertrand au sein de l'Alliance soit éclairci.
Certaines de nos sources indiquent que le président et grand chef accuserait les deux femmes d'avoir refusé de signer la lettre.
Toujours selon nos sources, elles clameraient ne jamais avoir reçu le document en question. Des avocats se sont depuis mêlés du dossier.
Afin de sortir de l'impasse, les deux parties se sont rencontrées à l'hôtel Sheraton de Gatineau, les 5 et 6 janvier, sans parvenir à s'entendre. M. Bertrand exigerait que le compte bancaire de l'AAQ soit débloqué, alors que ses opposants demanderaient que le président et grand chef se soumette à un nouveau vote des membres.
En décembre, après l'épisode qui a mené à l'entrée en scène d'avocats dans cette affaire, Robert Bertrand a offert de rémunérer les employés de son bureau avec de l'argent comptant. Selon nos informations, certains employés ont refusé cette offre parce qu'ils ont éprouvé un malaise quant à l'origine inconnue de ces fonds. Le président et grand chef n'aurait pas voulu préciser s'il s'agissait d'un montant issu de ses économies personnelles.
Lorsque questionné par LeDroit sur le sujet, le président et grand chef a poliment demandé à mettre fin à l'entretien téléphonique.
Le 23 janvier, les employés ont toutefois reçu leur paye en bonne et due forme après plusieurs semaines sans salaire. Le conflit interne concernant le compte bancaire est malgré tout loin d'un dénouement.