Le chef Charles Bordeleau rappelle qu'il est possible de fournir de l'information pertinente aux autorités de façon anonyme par l'intermédiaire de l'organisme Échec au crime.

Le chef de police est troublé, mais satisfait

Malgré le nombre croissant de fusillades impliquant les gangs de rue, les forces de l'ordre estiment que leur stratégie pour lutter contre le crime fonctionne.
Le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, s'est dit troublé par le nombre important de fusillades à être survenues dans la capitale au cours des derniers mois. Mais il assure que le travail des enquêteurs porte fruits.
«Notre stratégie fonctionne. Nous avons fait quelques réalisations», a-t-il dit en marge de la Commission des services policiers, hier soir.
M.Bordeleau a noté l'arrestation de cinq personnes, mercredi dernier, en lien avec la plus récente fusillade, survenue sur la rue Bank.
De nombreuses fusillades demeurent toutefois encore non résolues, a déploré le chef.
Les enquêtes policières sont souvent ralenties par le manque de collaboration des témoins et des victimes.
Le chef Bordeleau rappelle qu'il est possible de fournir de l'information pertinente aux autorités de façon anonyme par l'intermédiaire de l'organisme Échec au crime, entre autres.
La sensibilisation et l'éducation au sein des communautés et des quartiers sensibles demeure prioritaire pour le service de police, affirme le chef Bordeleau, afin d'éviter que des jeunes tombent sous l'emprise des gangs de rue.
«Les actes de violence perpétrés au sein des gangs de rue sont un problème communautaire, soutient-il. À terme, nous voulons réunir tous les acteurs dans les communautés pour établir un plan de match.»
60000 contrôles
Par ailleurs, le Service de police d'Ottawa a enregistré plus de 60000 contrôles routiers depuis qu'il a entrepris la collecte des données fondées sur la race en juin 2013.
«Grâce à ce projet, le service de police peut maintenir son engagement envers la prestation de services policiers sans préjugés tout en participant à un dialogue constructif au sujet des préoccupations liées au profilage racial», a déclaré l'inspecteur Pat Flanagan, responsable du projet.
Le Projet de collecte de données fondées sur la race aux contrôles routiers est le fruit d'une convention de règlement conclue entre la Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) et la Commission des services policiers d'Ottawa. Elle a vu le jour sept ans après la plainte d'un jeune automobiliste noir, Chad Aiken, arrêté au volant de la Mercedes de sa mère dans les rues de la capitale. Dans sa plainte contre la police, M.Aiken a soutenu auprès de la CODP qu'il avait été interpellé en raison de son origine afro-canadienne.
En vertu de l'entente, les agents noteront leur perception de la race du conducteur (par seule observation) lors des contrôles routiers pour une période de deux ans.
«L'essentiel, c'est de bâtir un projet qui produira des données exactes, pertinentes et mesurables, et surtout d'avoir la confiance de nos membres et des résidents dont nous sommes au service», a rappelé l'inspecteur Flanagan.
Avec Jean-François Dugas