Michael Bublé a charmé les milliers de fans venus le voir et l'entendre, mercredi soir, au Centre Canadian Tire, à Ottawa.

Le charme de Bublé opère toujours

Il a fait chaud, mercredi soir, au Centre Canadian Tire. Très chaud. Et pas seulement parce que le public était atteint de la fièvre Michael Bublé, qui s'est d'ailleurs pointé sur scène en chantant la très à-propos Fever de Little Willie John. Avant, 90 minutes plus tard, de mettre le feu aux poudres avec sa relecture de Burning Love d'Elvis.
« Vous savez que je suis un grand fan de hockey et je sais que vous avez effectué un gros échange (mardi). Mais vous savez quoi ? Je crois qu'ils ont échangé le système d'air climatisé en même temps que (Jason) Spezza ! » a lancé le crooner, déjà en sueur après trois chansons.
Qu'à cela ne tienne, Michael Bublé n'a pas pour autant ménagé ses efforts pour séduire les quelque 13 200 spectateurs venus le voir dans le cadre du volet canadien de sa tournée To Be Loved.
Oui, il y avait assurément de l'amour dans l'air... à défaut d'air frais, hier, dans l'amphithéâtre des Sénateurs d'Ottawa.
Parce que le Vancouvérois assume non seulement le romantisme de son répertoire (des reprises à ses pièces originales), mais aussi son rôle d'entertainer. Et force est de reconnaître que l'auteur, compositeur et interprète sait divertir. 
Avec beaucoup de classe et une bonne dose d'humour.
D'un côté, il fait rire avec son sens de l'auto-dérision, sa capacité à établir une belle complicité d'entrée de jeu avec la foule, voire à improviser ici et là dans une prestation autrement fort bien huilée.
De l'autre, il chante avec coeur et assurance, compensant avec naturel quelques fausses notes ou manques de souffle ici et là. Il se déhanche, aussi, invitant du coup la foule à danser avec lui, entre autres en revisitant Get Lucky de Daft Punk, ce qui lui donne d'ailleurs l'occasion de traverser le parterre pour monter sur une deuxième scène, installée à l'autre extrémité de la « patinoire », où l'attendaient les membres de la formation vocale Naturally 7.
Moyens de ses ambitions
Avec cette tournée, Michael Bublé démontre sans contredit tout le chemin parcouru depuis ses premières prestations dans la région au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, en 2005. S'il se permet encore des bains de foule (se faisant notamment prendre en photo avec la femme d'un spectateur, qui le lui avait demandé à l'aide d'une affiche), il évolue dans un décor d'une tout autre ampleur.
Le chanteur s'est certes donné les moyens de ses ambitions, pour cette tournée : projection d'animations de bon ton, tantôt rappelant l'époque de Gatsby le magnifique (le temps de You Make Me Feel So Young), tantôt présentant des photos de familles (sur l'inévitable Home) ; 13 musiciens sur scène avec lui en tout temps, la section de cuivres cédant la place à une autre de cordes sur That's All et Close Your Eyes, entre autres ; scène amovible lui permettant quelques glissades savamment contrôlées ; pluie de confettis pour All You Need Is Love des Beatles.
Bref, Michael Bublé prouve à quel point il maîtrise la scène, voguant avec une déconcertante aisance entre ses inédites (de Haven't Met You Yet, qui a fait bondir la foule sur ses pieds, à l'entraînante Beautiful Day) et ses nombreuses reprises (allant de Frank Sinatra à Daft Punk) ; surfant allégrement entre émotions et éclats de rire.
Le Canadien aime ce qu'il fait et ça paraît. Le public d'hier n'aurait pu en demander plus : il était déjà conquis à la première note.