L'écrivain et conteur Roch Carrier.

Le Chandail de hockey en musique au CNA

La vocation d'un auteur se trouve parfois si chamboulée par les événements et les circonstances, par le tour particulier de son destin, que sa vie ressemble naturellement à un roman.
C'est le sort que connut l'écrivain et conteur Roch Carrier, à la fin des années 1960, après que la publication de La Guerre, yes Sir! lui eut procuré reconnaissance et succès.
CBC lui commande un récit qui répondrait à l'épineuse question «Qu'est ce que le Québec veut?» pour expliquer la poussée nationaliste que vit la Belle Province en 1970 et l'incompréhension concomitante du Canada.
De quoi tomber de haut pour le jeune romancier qui vient tout juste de faire ses preuves littéraires... «Après un essai infructueux, je me suis orienté sur des questions d'identité, en me demandant comment moi-même je m'étais défini en tant qu'individu, enfant, et la réponse s'est imposée d'elle-même: le jour où j'ai reçu mon premier équipement de hockey!»
Roch Carrier est alors loin de se douter de l'engouement que suscitera son histoire.
Il concocte un petit conte symbolique, désinvolte et pourtant incisif, un récit devenu légendaire qui parle de l'enfance, du hockey et de la déception ressentie par le narrateur à la suite d'une erreur dans une commande postale: le jeune héros reçoit un chandail des Maple Leafs de Toronto et non des Canadiens de Montréal, à sa plus grande déception. «À mes yeux, j'avais écrit n'importe quoi et je refusais de mettre ma signature sous le texte», avoue-t-il, encore amusé par l'anecdote.
Symphonie d'images
Le Chandail de hockey - initialement intitulé Une abominable feuille d'érable sur la glace - a ensuite été transposé en film d'animation illustré par Sheldon Cohen et, plus récemment, en oeuvre musicale composée par Abigail Richardson.
La pièce à l'affiche de la salle Southam du Centre national des arts samedi après-midi comporte une narration bilingue de l'auteur Roch Carrier lui-même, présentée au côté du gardien de but Ken Dryden. Des projections d'images tirées du livre et du village dont est inspirée l'histoire accompagneront la partition de l'Orchestre du CNA.