La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, est de passage à Québec aujourd'hui.

Le cannabis au coeur des discussions entre le Québec et l'Ontario

La légalisation du cannabis sera au coeur des discussions lors du septième Conseil des ministres conjoint Québec-Ontario qui se tient vendredi, à Québec.
Dès leur arrivée au Centre des congrès, les ministres des gouvernements québécois et ontarien ont insisté sur l'importance d'harmoniser les règles entourant le cannabis, afin, entre autres, de ne pas faire naître un commerce transfrontalier.
L'Ontario a déjà déterminé que jusqu'à 150 magasins, gérés par le gouvernement, pourront vendre de la marijuana lorsqu'Ottawa légalisera son usage récréatif l'été prochain. Ces points de vente seront supervisés par la LCBO, la Régie des alcools de l'Ontario.
Queen's Park a également annoncé que l'âge minimal pour consommer, acheter et posséder du cannabis récréatif en Ontario sera de 19 ans, tout comme l'alcool.
«Nous partageons une frontière, donc le mieux c'est de s'aligner le plus possible», a déclaré le ministre de la Santé ontarien, Eric Hoskins, en affirmant être heureux de voir les deux provinces mettre l'accent sur la prévention et la santé publique.
«Ce n'est pas une question de fusionner les approches», a toutefois nuancé le ministre.
Pour sa part, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui a mené une série de consultations publiques sur le cannabis, promet le dépôt d'un projet de loi-cadre cet automne.
Elle a invoqué cette semaine que le cannabis pourrait se vendre sept ou huit dollars le gramme au Québec; l'Ontario entend plutôt le vendre autour de 10 dollars le gramme.
«C'est prématuré, a affirmé la ministre Charlebois, vendredi. Quand on aura la loi qui va encadrer le cannabis, quand ça va être en vigueur, on va se garder une marge de manoeuvre pour toujours être en souplesse pour pouvoir ajuster le prix au besoin parce qu'il faut contrer le marché noir.»
Le prix du cannabis ne sera donc pas inscrit dans la loi, a-t-elle expliqué, mais sera déterminé plus tard, par règlement.
La journée sera aussi consacrée à officialiser l'entrée de l'Ontario dans le marché du carbone. Le gouverneur de la Californie, Edmund G. Brown, est présent pour l'occasion.

Legault commet une bourde et révèle des détails de sa conversation avec Wynne

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, affirme avoir été mal comprise par le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Celui-ci aurait par ailleurs commis une bourde en révélant des détails de leur conversation privée sur internet, a-t-elle laissé entendre.
Dans un gazouillis envoyé jeudi, M. Legault s'est félicité d'avoir l'appui de Mme Wynne pour sa stratégie énergétique. «La première ministre de l'Ontario est ouverte au plan de la CAQ de construire de nouveaux barrages pour exporter plus d'électricité en Ont.», a-t-il écrit.
Cependant, la première ministre a vite rectifié le tir. «Je suis ouverte à une conversation. C'est une conversation cordiale, mais ce n'est pas vrai que j'ai dit que c'est un plan pour considération en Ontario. C'était seulement une conversation», a-t-elle déclaré, vendredi.
Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a qualifié François Legault «d'inquiétant».
«Ici on a une situation où quelqu'un, qui aspire à devenir chef de gouvernement, a une conversation privée avec un autre chef de gouvernement, dont il dénature profondément le contenu. Moi je trouve ça inquiétant. À la population de juger», a-t-il dit.
La première ministre Wynne était de passage à Québec pour prononcer un discours à l'Assemblée nationale et rencontrer tous les chefs de partis.
Ses ministres et elle prenaient aussi part à un conseil des ministres conjoint Québec-Ontario, vendredi, au Centre des congrès de Québec.
«Ce n'est pas une bonne idée de dire quelque chose comme ça en public, a-t-elle renchéri, parce que nous avons, comme j'ai dit, une conversation cordiale, mais c'est une conversation des idées et je suis toujours ouverte à discuter des idées, mais ce n'est pas une conversation sur un plan pour l'Ontario.»
M. Legault oublie que l'Ontario est actuellement en surplus d'électricité, a conclu M. Couillard.