Caroline Calvé

Le café coulait à flot chez les parents de Caroline Calvé

La télé était ouverte depuis minuit dans cette demeure de la rue Tyler. Un papa et une maman ne voulaient pas manquer une seconde de l'entrée en scène de leur fille Caroline aux Jeux olympiques. Ils n'ont jamais fermé l'oeil pendant plus de cinq heures.
Même chose pour le frère Jean-Michel.
La famille Calvé, d'Aylmer, souhaitait une médaille pour leur enfant en guise de récompense pour son parcours des 12 dernières années. Le sort en a voulu autrement.
«C'est dommage pour elle», a confié Jean Calvé, une quarantaine de minutes après la fin  du slalom géant en parallèle féminin aux Jeux olympiques.
Sa fille, qui figurait parmi les favorites, a terminé sixième après avoir été éliminée en quarts de finale. Malade, elle s'est inclinée devant la Japonaise Tomoka Takeuchi, qui a fini par remporter l'argent.
«Caroline s'est retrouvée contre une des filles les plus agressives», a fait remarquer M. Calvé.
«Quand je regarde ce qui s'est passé dans les autres sports, dans le patinage de vitesse et le ski de fond, il y a eu plusieurs étoiles filantes qui sont apparues, qui ont délogé des gens d'expérience. C'est ça l'Olympisme. C'est ça le sport.»
C'est ça aussi qui s'est produit dans le cas de Calvé.
Une journée, tu peux être au sommet. L'autre? Rien ne fonctionne. Ou tu es tout simplement battu par une meilleure athlète.
Le parcours de Calvé a pris fin lorsque la planchiste d'Aylmer est sortie de sa trajectoire lors de la deuxième descente en quarts de finale. «Je suis sûr que Caroline est un peu déçue», a affirmé son papa.
«C'est une chance manquée. Mais ce n'est pas fini pour elle», a-t-il pris le soin de rappeler.
Un slalom parallèle sera disputé samedi à Sotchi.
La femme de 35 ans a déjà gagné une de ces épreuves l'an dernier à Moscou. Canada Snowboard la considère un espoir de médaille en vue de cette course.
«Je suis persuadé que Caroline va tout donner, qu'elle va se relever», a soutenu Jean Calvé.
Il n'y avait pas que chez les Calvé que le café coulait à flot dans la nuit de mardi à mercredi.
C'était le cas à Maniwaki où plusieurs membres de la famille de la multiple médaillée en Coupe du monde habitent, dont sa grand-mère Antoinette. Même chose au Mont Sainte-Marie qui a vu grandir cette athlète olympique sur les pistes de ski.
Au moins une députée provinciale s'est levée tôt afin de l'encourager dans son salon à Québec.
«J'étais crispée sur le sofa. Je n'essayais pas de parler trop fort pour ne pas réveiller les voisins», a relaté en riant Stéphanie Vallée, qui représente la circonscription de Gatineau.
«On la suit Caroline. C'est une fierté régionale, a-t-elle rappelé. C'est beaucoup une inspiration pour les jeunes de la Vallée de la Gatineau.»
«Nous sommes très fières d'elle. C'est déjà une très grande victoire pour elle de se rendre jusque-là.»
Quant à Calvé, elle a pris un moment, via sa page Facebook, pour remercier tous les gens qui l'ont encouragé à distance.
«Merci tout le monde à la maison», a-t-elle écrit.
«J'ai pensé à vous dans les portes de départ aujourd'hui. Vous m'avez donné de l'énergie qui me manquait! On se reprend samedi guys