Justin Timberlake n'avait pas mis les pieds dans la capitale depuis 2000, soit à l'époque de NSYNC et de ses boucles peroxydées. « C'est inacceptable », a d'ailleurs scandé le principal intéressé à ses fans, qui réclamaient un arrêt en sol ottavien depuis fort longtemps.

Le «Big Band» Timberlake fait son effet

C'est un Justin Timberlake, version «big band», qui s'est présenté, mardi soir, au Centre Canadian Tire. Une offre musicale généreuse, autant pour les oreilles que pour les yeux.
Justin Timberlake n'avait pas mis les pieds dans la capitale depuis 2000, soit à l'époque de NSYNC et de ses boucles peroxydées. « C'est inacceptable », a d'ailleurs scandé le principal intéressé à ses fans, qui réclamaient un arrêt en sol ottavien depuis fort longtemps.
Heureusement, Ottawa a réussi à se glisser entre Toronto et Montréal, dans le calendrier de la tournée The 20/20 Experience.
Au sommet de son art malgré sa jeune trentaine, Justin Timberlake se plaît dans son rôle de crooner. Sexy sans être racoleur, il glisse entre les titres avec aisance, la voix toujours juste et puissante, le pas de danse aussi assuré qu'efficace. Il mène le bal avec un doigté impressionnant.
Timberlake a offert un spectacle de près de 2 h 30 devant près de 18 500 spectateurs. Le Centre Canadien Tire affichait complet. Un spectacle bien tassé sans temps mort.
Peu après 20 h 30, Justin Timberlake s'est pointé sur une immense scène dont l'esthétisme n'était pas sans rappeler la pochette de sa dernière galette. Tout était noir et blanc, très épuré. Il a choisi l'une de ses pièces les plus récentes, Pusher Love Girl, pour lancer les festivités. « Ottawa, vous êtes venus faire la fête ? » a-t-il questionné à maintes reprises.
Vêtu d'un costard noir, baskets blanches aux pieds - uniforme repris par toute son équipe, les Tennesse Kids - Timberlake a enchaîné avec Rock Your Body et Futur Love Sounds. Cette dernière, au contact de la douzaine de musiciens qui accompagnait le chanteur, dont une section de cuivre et deux percussionnistes, avait gagné en mordant.
Lancé l'an dernier en deux temps, The 20/20 Experience marquait un retour à la musique pour Timberlake, qui avait troqué son micro pour une pile de scénarios. Des expériences au grand écran fort concluantes, comme The Social Network. On garde un moins bon souvenir de son rôle de hockeyeur québécois dans The Love Guru... Mais ce n'est pas un accent ridicule qui pourrait ternir la feuille de route impeccable de ce jeune premier découvert par la machine de Disney.
Timberlake était aussi accompagné d'une dizaine de danseurs, sous la gouverne de son chorégraphe et ami de longue date, Marty Kedelka, avec qui il a cosigné la mise en scène de ce dernier tour de piste.
La pièce My Love a pris à peu près toutes les couleurs possibles hier soir. Timberlake appuyant tantôt sur la facture hip-hop de la pièce, avant de servir un couplet entier seulement piano et voix, puis de transformer la chanson en un morceau rock. Oui, rock. Grosses guitares sales incluses. Bref, un gros cinq minutes d'exploration musicale pendant lequel le chanteur semblait s'amuser ferme.
TKO et Summer Love ont suivi, puis le veston a pris le chemin des coulisses le temps de Love Stoned. Sans surprise, Timberlake soulève davantage la foule quand il puise dans ses deux premiers disques, Justified et FutureSex/LoveSounds. Reste que le spectacle présenté mardi nous a permis de découvrir son dernier matériel sous un nouveau jour. Gonflés par la présence des musiciens, ses nouveaux titres ont gagné en ampleur. Ils étaient tout simplement plus intéressants. Au piano, il a interprété la première ballade de la soirée, Until the End of Time.
Le premier bloc s'est terminé avec un heureux collage entre Holy Grail et Cry Me a River.
De retour de l'entracte, le chanteur a enfilé sa guitare pour offrir Drink You Away. Après Senorita, la passerelle avant de la scène principale s'est détachée tel un ascenseur. La pièce amovible s'est ensuite avancée vers le public. Le chanteur et ses choristes se sont ainsi retrouvés au-dessus des spectateurs du parterre. Cette petite balade lui a permis de rejoindre l'autre bout de la glace, où il a pu faire un petit bain de foule dans la section VIP, qui servait, sans surprise, sa téquila. Un «shooter» plus tard, il a rappelé qu'il partageait le même patelin d'origine que le King en personne. La table était mise pour une relecture de Heartbreak Hotel. Sans quitter sa guitare, il a enchainé avec son plus récent extrait, Not a Bad Thing. Puis, le chanteur a rendu hommage à une autre de ses idoles, en reprenant Human Nature de Michael Jackson. Un joli moment.
Il a aussi offert une version plus intimiste de What Goes Around... Comes Around, qui elle aussi, au fil de l'interprétation, a gagné en intensité.
Au moment de partir, heure de tombée oblige, le spectacle était loin d'être terminé. Très généreux, ce M.Timberlake.