Michel Rivard sera à la Maison de la culture de Gatineau jeudi.

L'approche poétique du Roi de rien

Le roi Rivard vient saluer ses fans de l'Outaouais, jeudi, à la Maison de la culture, bien entouré de ses fidèles sujets et amis du Flybin Band.
« Je suis totalement amoureux de mes deux choristes », lâche Michel Rivard, plus que jamais « accro aux harmonies de voix », qui lui permettent notamment de poursuivre ses relectures du répertoire de Beau Dommage.
Car si « la part royale » du spectacle revient à l'album Roi de rien, paru en octobre dernier, le chanteur continue d'« évoquer ces anciennes chansons, en cherchant à conserver leur essence et l'esprit de cette époque » mais surtout « pas pour les reproduire à la note ». Par plaisir, avant tout, mais aussi par respect : « Quand je vais voir un spectacle, j'ai le goût de me faire rappeler les vieilles chansons que j'ai aimées », convient-il.
Pour l'habillage, il promet beaucoup de cordes (guitares, mandoline et pedal steel). « On a ajouté un peu d'harmonium à pédale, mais on reste fidèle à l'album », avec un folk pétri d'ambiances « à tendances country, parfois, ou vaporeuses, ailleurs ».
Comme la configuration du Flybin était identique en studio, fait-il valoir, « l'album donne sa couleur poétique au spectacle et se répercute dans le décor, les éclairages et l'approche ».
« Depuis quelques années, je me suis éloigné du côté stand-up comique », dit-il, fièrement.
Lui qui, auparavant, improvisait énormément entre les chansons, punchant d'humour ses présentations, opte pour une approche plus proche du conte et de la poésie. « J'ai beaucoup travaillé la manière de parler, le ton. Mais pas de façon grave et sérieuse : ça reste souriant. »
Approche poétique
Une approche plus poétique, « sans doute » inspirée par sa participation à l'aventure des 12 hommes rapaillés, convient-il.
« Les 12 hommes, c'est un coup de coeur, pour la poésie de Gaston Miron et la musique que Gilles [Bélanger, le compositeur et arrangeur] en a tiré. Mais c'est aussi un coup de coeur humain. C'était une idée folle, de réunir 12 auteurs-compositeurs déjà établis, et elle s'est avérée extraordinaire. C'est comme mon deuxième groupe après le Flybin Band », dit Michel Rivard.
Il a été séduit par « la camaraderie, le respect de mettre tous ces ego au service d'une parole qui n'est pas la nôtre. Et je réponds 'présent !' sans même réfléchir » à chaque sollicitation du groupe.
L'aventure poétique est devenue symphonique, sous la baguette du compositeur Blair Thomson. Qui avait déjà façonné les orchestrations de Rivière, l'album symphonique de Michel Rivard.
« Le problème de la pop symphonique se pose quand on reste dans un entre-deux. La solution, c'est d'oublier le mot 'pop' et de faire plutôt de la chanson symphonique en virant la section rythmique et en apprenant à chanter d'une autre façon », estime M. Rivard, qui s'est payé une vigoureuse version d'Ô secourez-moi.
Malgré leurs appréhensions initiales, dit-il, les 12 se sont vite aperçus que l'approche symphonique n'avait rien de « bassement commercial ; c'est vraiment une extension de l'oeuvre. On donne un autre écrin à la parole de Miron. Un écrin hors des sonorités du moment, intemporel », plus susceptible de traverser les siècles à venir.