le Gatinois Mario Minguez et sa copine France Lemire.

L'amour à 6500m d'altitude

Est-ce la demande en mariage à plus haute altitude de l'histoire de l'humanité? Probablement.
Chose certaine, c'est dans l'histoire d'amour entre le Gatinois Mario Minguez et sa copine France Lemire que la chanson Un peu plus haut, un peu plus loin prend tout son sens...
Ces deux tourtereaux se sont rencontrés en janvier 2012, il y a deux ans. Ils participaient à une expédition vers le sommet d'une montagne des Andes, en Argentine, accompagnés d'un groupe d'aventuriers de l'Outaouais.
Rendue à 3000 mètres d'altitude, l'équipe a été surprise par une violente tempête qui a fait fuir les mulets qui transportaient une bonne partie de leur équipement.
«Nous étions soudainement à court de sacs de couchage et de tentes, se souvient Mario. France et moi avons donc décidé de partager une tente pour la nuit. Il faisait très froid, peut-être cinq ou six degrés. Une pluie verglaçante s'abattait et l'eau entrait d'un peu partout. Donc, pour avoir un peu de chaleur corporelle, France et moi nous sommes enlacés. Puis on s'est embrassés. Et...».
Il ne termine pas sa phrase. Pas besoin. On peut vite comprendre la suite des choses. Disons que ce qui devait arriver arriva. Comme quoi Cupidon les accompagnait dans cette expédition...
La grande demande
Transportons-nous deux ans plus tard. En janvier dernier. Toujours en Argentine, mais cette fois-ci, Mario et France participaient à une expédition sur le mont Aconcagua, soit le plus haut sommet des Amériques avec une altitude de plus de 6900 mètres.
Et c'est à ce point, à près de 7000 mètres dans le ciel, que Mario allait surprendre France avec la plus belle déclaration d'amour qui soit.
Mais encore une fois, une tempête - de neige, cette fois - allait anéantir toute chance, pour la plupart des membres de l'expédition, d'atteindre le sommet de l'Aconcagua. Mais Mario n'allait pas laisser cette tempête déjouer ses plans.
«Nous étions à 6500 mètres d'altitude, raconte-t-il, à moins de 500 mètres du sommet. Mais nous avons dû nous résigner. Il fallait rebrousser chemin. Il n'était pas question pour France et moi de risquer notre vie.
«Et c'est à ce moment-là, à 6500 mètres, que j'allais demander à France de m'épouser. Je l'ai emmenée à l'écart du groupe. J'avais la bague dans ma main, une bague achetée avant notre départ dans une boutique d'artisanat à Mendoza, un petit village argentin. J'avais préparé un beau discours mais, quand le temps est venu de faire la demande, la fatigue et l'émotion m'ont coupé la voix. Pas un mot ne sortait de ma bouche!, se rappelle-t-il en riant.
- Donc, la demande en mariage n'est jamais venue?, que je lui demande.
- Ah oui. Quand France a vu que j'avais les yeux plein d'eau et que je tenais une bague dans ma main, je n'ai pas eu à dire un mot. Elle a tout compris. Et elle a tout de suite dit oui. Puis nous avons pleuré ensemble. C'est un moment que je n'oublierai jamais de ma vie.»
Voici un passage de ce que Mario a écrit dans un court récit de son voyage qu'il a intitulé Mon Aconcagua:
«Nous nous hissons hors de la nuit pour atteindre notre sommet.
«Six mille cinq cent mètres, nul ne connaîtra un tel paysage pour dire son amour.
«Le vent s'est emparé de mes mots, mais mes yeux ont tout dit.
«Elle me sait, et elle a dit oui!»
Et dans une entrevue accordée à la radio de Radio-Canada quelques jours après leur retour de l'Argentine, France a surpris la journaliste en lui racontant cette demande en mariage. Puis en parlant de ce moment et du défi vécu avec son fiancé, France a ajouté: «Une expérience comme celle-là, c'est un partage de bonheur. C'est de braver ses peurs, parce qu'il y a de grosses peurs qui nous envahissent. Mais c'est aussi de savourer le moment présent et d'y aller pas par pas. C'est incroyable ce qu'on peut faire ensemble en marchant doucement, un pas à la fois, en se parlant et en profitant des regards de l'autre. Je pense qu'il faut gravir une montagne comme on gravit sa vie.»
Le summum des mariages
C'était le 16 janvier dernier. Soit deux ans, jour pour jour, après leur première nuit ensemble.
Et maintenant? Quand viendra le grand jour où les deux amoureux se diront oui pour la vie?
«Dans deux ans, répond Mario. En janvier 2016, nous retournerons gravir le mont Aconcagua. Et cette fois, si la montagne nous le permet, nous atteindrons le sommet. Et c'est de là-haut, au sommet de l'Aconcagua, que France et moi célébrerons notre mariage. Si tout va bien, mes frères et nos copains nous accompagneront et l'un d'entre eux nous mariera. Je crois que ce sera merveilleux et inoubliable.»
Bonne chance à vous deux. Et joyeuse Saint-Valentin.